Ça y est, on a terminé The Division. En compagnie de MonsieurPlouf et de Julien.C de Gaming Federation, on a arpenté ce New York dévasté, on a cravaché, on a pleuré, on a ri, mais on y est arrivé. Après plus de 30 heures de jeu et pas mal de sueurs froides tout de même. Et un joli sniper violet à la clé. The Division (et la vie), au final, ça se résume à ça: des potes et du loot.

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The Division, c’est la dernière superproduction d’Ubisoft, le jeu de la dernière chance comme l’annonçaient fièrement certains journalistes. Quatre ans de développement, beaucoup de millions et une communication par forcément maîtrisée auront finalement permis à Massive Entertainement d’accoucher ce beau bébé. The Division propose d’évoluer à New York après que cette dernière a subi de plein fouet une crise bactériologique, plongeant la ville dans le chaos et décimant ses habitants. Des groupes pas forcément portés sur la charité se sont installés dans les rues, prenant position près de certaines infrastructures clés. Vous êtes un agent de la Division, la dernière unité capable de faire quelque chose apparemment et il va falloir se mouiller les gants pour reprendre New York, rue après rue, quartier après quartier. Une entreprise qu’il vaut mieux commencer à plusieurs.

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The Division est une sorte de MMO solo ayant une composante en ligne. Il est possible de tout faire tout seul mais à deux, trois voire quatre joueurs (quand les copains de Semper Ludo sont en ligne), c’est quand même plus intéressant. Parce que là où Ubisoft a fait fort, c’est d’offrir un terrain de jeu gigantesque à toi et à tes potes. The Division tout seul n’a que peu d’intérêt et avec des joueurs inconnus, la mauvaise compréhension peut facilement entraîner des problèmes. Non. Il faut se lancer avec des amis, des vrais, de ceux qui sont capables d’abandonner leur position pour venir au péril de leur vie vous porter secours, vous, dont le visage lèche joliment le trottoir après un affrontement épique contre un sniper niveau 4 coincé en haut d’une barricade et qui vous lorgne avec sa lampe accrochée à son arme. Il faut y aller avec ceux qui ont le courage de faire une diversion en offrant leur vie afin que l’ennemi ne vous voie pas passer dans le dos juste avant de l’abattre de sang froid d’une balle dans le petit sac rouge qui brille et qui indique, visiblement, un point faible. Il vaut mieux partir à l’aventure bien accompagné de gens qui maîtrisent leur sujet. Une excellente coordination entre tous, sous peine de se faire salement amocher, est requise. De ce fait, je me dois de remercier ici mes compagnons de voyage qui ont su rendre The Division vraiment excellent. Sans eux, rien n’aurait été pareil.

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Si The Division reprend les codes des MMO en proposant aux joueurs de s’équiper régulièrement de tout un tas d’armes et genouillères, le loot apparaît non pas comme une finalité mais plutôt comme un moyen. Oubliés les “Jambières + 4E de la Chouette Violette” ou les “Epées bâtardes +1034 dps”, The Division ne cherche pas à attirer le joueur dans une course effrénée au loot mais arrive tout de même à le satisfaire en lui proposant régulièrement de nouveaux équipements et de nouvelles habilités. Les loot n’ont pas de noms particuliers, ils sont interchangeables dans une logique MMO et ils respectent en ce sens la montée progressive en niveau. Les ennemis n’ont, à ma connaissance, pas une liste d’objets sur eux et un taux de drop relatif à ces objets. Tout est dû au hasard ce qui fait qu’on ne peut pas se fixer un objectif d’équipement. The Division joue la carte de l’adaptation, à travers l’équipement qui ne devient pas obsolète à chaque montée de niveau et grâce aux ennemis qui semblent, eux-aussi, monter en puissance au côté du joueur. On se retrouve dans des situations où chaque pack d’ennemis est un petit challenge en soi, challenge qui peut parfois prendre une tournure de véritable guerre urbaine si d’autres ennemis accourent sur le lieu de la fusillade. Il n’est ainsi pas rare d’être enfermé entre deux voitures face à une vingtaine de gaillards prêts à en découdre, ce qui pimente l’exploration.

New York est une ville en damier pas forcément très engageante du point de vue de la diversité des lieux. Mais le souci du détail, des graphismes extraordinaires et une météo variée rendent ce New York extrêmement plaisant à découvrir. Des poubelles traînant dehors aux voitures innombrables (et très souvent toutes très différentes), des intérieurs saccagés aux affiches de faux films et aux tags ornant les rues, tout est fait pour donner au joueur cette impression que New York était vivante. Graphiquement sublime, The Division est sans aucun doute l’un des plus beaux jeux du moment et un monstre en terme de réalisation et de souci du détail (oui, je me répète mais franchement, il y a des passages qui sont simplement extraordinaires: tirer à travers deux fenêtres de voiture est possible, exploser un aquarium et voir l’eau ET les poissons s’en échapper est possible, faire un trou dans un cône de signalisation et voir ce qu’il y a derrière est possible etc…). The Division vaut le détour pour cet aspect technique.

En ce qui concerne les missions principales, The Division propose différents environnements et plusieurs situations. Le leve design travaillé rend chacune de ces missions uniques. La difficulté varie en fonction du nombre de joueurs dans le groupe et je vous conseille vivement de tout faire à trois ou quatre joueurs, sous peine de trouver tout cela trop facile. Certains passages nécessiteront des approches tactiques et des discussions préalables avec vos compagnons. Dès lors que vous avez réussi une mission, vous accumulez des points dans trois domaines [Soin, Electricité, Technique] qui permettent de débloquer des habilités. Ces dernières seront très utiles dans certains cas, et je pense notamment à la tourelle automatique, au soin à distance ou à la fameuse grenade collante. Si ces habilités sont bien réparties au sein du groupe, il est possible d’effectuer des “combo” gagnants afin d’éliminer rapidement les ennemis. The Division est ainsi un jeu plutôt tactique par moment où la survie et le placement sont bien souvent de meilleures solutions que le fameux “foncer dans le tas”.

Le gros problème de ce jeu n’est autre que son scénario. Incompréhensible, déstructurée et finalement anecdotique, l’histoire de The Division n’arrive à aucun moment à garder l’attention du joueur. On ne comprend pas qui sont les personnages, les méchants, les agents de la Division et surtout on ne comprend aucune des motivations des personnages. Tout est trop confus et mal écrit pour que le scénario fasse preuve de consistance. Éclatée entre de l’audio, des petites cinématiques qui ne nous apprennent rien et des phases de dialogues surréalistes, la narration de The Division est son gros point faible.

Mais The Division, c’est aussi la fameuse Dark Zone, ce no man’s land rempli d’ennemis et de joueurs avares en loot. On ne reviendra pas forcément sur le principe, étant donné que nous avons déjà parlé de cette zone dans notre preview. Sachez simplement que le terrain de jeu, maintenant nettement plus étendu, continue d’être le lieu de situations rocambolesques et de moments de tension jamais vus. Ne jamais savoir si le joueur en face va vous allumer reste une expérience marquante. La Dark Zone possède une ambiance prenante, étouffante et qui ne connaît aucun relâchement.

On avait eu quelques doutes sur ce titre lors de son annonce mais The Division a su, malgré un développement chaotique, répondre aux attentes. Offrant un cadre gigantesque, un jeu hyper détaillé, des graphismes magnifiques et une expérience en coop vraiment géniale, The Division a permis à Ubisoft d’entrer dans une nouvelle dimension. Je ne le répéterai qu’une seule fois encore, mais The Division vaut le détour avec des amis, sous peine de devenir très rapidement lent et peu amusant. Tout l’intérêt réside dans le jeu en coopération. Il faut donc se lancer dans cette aventure en compagnie d’amis. La difficulté des missions, le level design, l’équipement aléatoire et ce souci du détail font de The Division une expérience prenante. Quant au scénario, il n’est qu’un prétexte (incompréhensible) à l’action. Difficile de dire s’il faut s’en plaindre ou si le fait qu’il soit anecdotique rende le reste plus agréable. Quoiqu’il en soit, The Division offre d’excellents moments entre amis (zut, je l’ai encore redit).