Après avoir fini Tearaway sur Vita, je n’attendais qu’une chose, que Sony en fasse une franchise régulière. Mon voeux a presque été exaucé quand Sony a annoncé que Tearaway aurait un port PS4 qui revisiterait les mécanismes pour les adapter à sa console de salon. Après avoir joué à Unfolded, je ne suis plus sûr de vouloir revoir Tearaway de si tôt.

Tearaway est le seul jeu qui a réussi à se servir de toutes les fonctionnalités de la Vita intelligemment et de manière additive au jeu. Un port direct d’un tel jeu sur PS4 aurait facilement pu être catastrophique, mais l’approche qu’a pris Media Molecule pour amener Tearaway sur une console de salon est tout simplement exceptionnelle. Lorsque le premier opus a été pensé dès sa conception pour se servir des multiples input de la console portable, sa suite l’a réimaginé pour profiter de l’unicité de la Dualshock 4 au point où il ne serait plus correct d’appeler Unfolded ce portage. Les mécanismes n’ont pas seulement été adaptés, le touch-pad de la manette a également inspiré les designers à créer de nouveaux mécanismes qui viennent remplir le vide laissé par la disparition des interactions liées à l’écran tactile et au back-touch de la Vita.

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Alors que je ne me tarde presque jamais sur les graphismes, je vais devoir faire une exception pour ce jeu, tant l’obsession de Media Molécule pour sa présentation est poussée. Le monde est entièrement fait de papier et jamais les développeurs n’ont laissé un élément déroger à la règle; tous les effets graphiques et même les menus sont composés de découpures et d’origamis imaginatifs. L’univers artisanal fabriqué par la console fait tout simplement rêver, le rendu des papiers à l’écran n’émerveille pas seulement par la diversité et l’intensité des couleurs qu’il présente mais aussi par son réalisme. Effectivement, même si l’oeuvre est clairement fantastique, en voyant chaque feuille réagir aux courants d’air ou s’aplatir au passage du joueur, on se prend à croire à la réalité des personnages.

Malgré le gameplay retapé, la progression repose sur les mêmes concepts: du platforming léger, des quêtes secondaires rigolotes et des puzzles environnementaux faciles mais ingénieux et gratifiants. Bizarrement, alors qu’aucune difficulté ne pèse sur le joueur, l’avancée est constamment coupée par la narration. L’expérience m’a semblé beaucoup plus orientée pour les enfants; chaque difficulté était accompagnée d’une astuce à l’écran et le joueur était beaucoup plus bercé par des cinématiques qui assurent le bon déroulement de sa progression. Le jeu s’en retrouve tristement haché et ralenti, ce qui m’a souvent frustré quand je voulais simplement aller explorer ce qu’il se cachait sur la page suivante.

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Tout ce que j’avais tant aimé dans Tearaway en 2013 est toujours présent dans Unfolded sauf l’élément de découverte et de surprise qu’un premier opus peut amener. Même si ce volet PS4 reste un OVNI de l’industrie AAA, il ne réussi plus à étonner par ses dépliants extraordinaires et sa narration déroutante. Dessiner un pénis quand on nous demande un flocon de neige est toujours aussi rigolo, mais la magie de la première averse de virilité n’est plus là. On regrettera également le fait que la progression soit restée très linéaire, malgré les terrains plus larges, surtout quand quelques niveaux montrent un joli potentiel avec des environnements plus ouverts.

Media Molecule ne rate jamais l’occasion de faire un bon jeu, et ils n’ont pas fait d’exception pour Tearaway Unfolded; leur patte artistique unique émerveille, mais c’est leur maîtrise en level design qui les propulse au sommet. Malgré ses quelques problèmes de rythme, l’aventure n’est jamais ennuyante. De nouvelles habilités sont distribuées avec parcimonie tout au long de l’expérience, chacune ayant son moment privilégié au début pour ensuite faire partie d’une librairie d’actions qu’il faut garder à l’esprit afin de réussir. Chaque zone prend en compte les habilités acquises pour confectionner du gameplay amusant et jamais répétitif, une grande réussite en matière de design.

Tout compte fait, les plus gros défauts de Tearaway Unfolded sont de s’être fait voler l’effet de surprise par un jeu auquel personne n’a joué et de réclamer du temps à une période où les gamers ont tendance à ne pas en avoir. Des fautes tout à fait pardonnables, surtout au vu de la qualité de la production et de son prix réduit.