Les développeurs suisses ont créé la surprise en septembre dernier en réussissant à proposer 3 jeux pour le lancement d’Apple Arcade. L’idée du service d’Apple était de mettre à disposition cent jeux qu’ils certifient de bonne qualité et qui n’ont pas de publicités ou de microtransactions. Stellar Commanders est un de ces jeux et il se déploie maintenant sur PC. 

Le concept de base de Stellar Commander est assez intéressant. Deux joueurs sont déployés aux extrémités d’une microplanète divisée en territoires. Les adversaires ont 7 minutes pour capturer un maximum de zones grâce à un flux d’argent constant qui leur permet de construire des unités et des bâtiments. Pour ajouter du piment au tout, les joueurs peuvent aussi construire des missiles géants pour soit tenter de détruire des constructions de l’opposant, soit rendre un territoire complètement inaccessible. L’idée avait le potentiel de produire un intéressant mini-jeu d’équilibrage ou il faudrait jongler entre l’attaque, la défense et l’économie, mais ce n’est pas comme ça que fonctionne le produit final.

En presque tous points de vue, le jeu que nous avons entre les mains semble n’être qu’un premier jet de l’expérience planifiée. Les éléments sont là, mais rien ne s’imbrique pour créer un gameplay concis. Limiter le temps d’une partie est une bonne manière de garder le rythme sous contrôle, mais la récolte de ressources et les temps de construction très lents empêchent la partie de réellement démarrer avant qu’elle ne soit interrompue par l’horloge. Ce ralentissement est aussi dû aux troupes qui disparaissent une fois qu’ils capturent un territoire, ce qui nous force à recréer une unité sur notre nouveau territoire pour capturer le suivant. Ce processus est si lent qu’il est presque impossible que les territoires des adversaires se touchent avant la fin du temps imparti. On n’a aussi jamais l’impression de contrôler une armée, mais plutôt d’envoyer des missiles qui capturent des zones puisque leur fonctionnement est identique. Nos troupes ne peuvent, par exemple, pas se déplacer entre nos zones pour arriver au front ; ils doivent être construits à la frontière sinon ils ne servent à rien.

Malgré le fait qu’il n’y a presque jamais d’affrontement au sol, chaque joueur possède des troupes plus chères et plus lentes pour se battre en plus de capturer des territoires. Ces unités ne sont jamais utiles et pourtant le jeu nous force à les déployer. Malgré les choix stratégiques déjà très limités, Stellar Commanders retire encore davantage de prise de décision en se présentant comme un jeu de cartes. On possède 4 cartes en main et l’on ne pioche la suivante que si on en joue une. On se retrouve bien trop souvent à poser notre carte la moins chère en espérant que la prochaine aura une utilité. Il y a bien un aspect de deck building pour customiser ses cartes à sa sauce, mais les nouvelles cartes se débloquent bien moins rapidement que ma patience ne s’est épuisée.

Stellar Commanders a beau tourner sur PC, il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’un jeu designé avant tout pour mobile. L’entièreté du jeu est écrasée dans le quart central de l’écran, on peut voir où l’interface du téléphone s’arrête. Bien que Blindflug Studios ait fait l’effort de mapper quelques raccourcis clavier, seules les interactions d’un écran tactile sont utilisées, à savoir des taps et des swipes, appelés cliques et drags sur notre cher PC. L’application semble aussi avoir été prévue pour que ses joueurs écoutent leurs propres musiques au lieu d’activer les bruitages, car ceux-ci sont terriblement minimalistes. On parle donc d’un jeu où l’activité principale est de balancer des missiles sur l’ennemi et dont l’effet sonore d’une explosion est à peine audible, sur PC c’est inacceptable.

L’idée de base de Stellar Commanders était plutôt bonne, mais à tous les niveaux l’exécution laisse à désirer. C’est un jeu de stratégie qui ne permet pas de déployer de stratégie, un deck builder qui ne donne pas de cartes, il est composé de parties courtes et lentes, et désormais, c’est un jeu mobile qui n’est pas sur mobile. Dommage.