L’année prochaine nous fêterons les 20 ans de Ratchet & Clank. Une longévité remarquable pour une licence de Sony, surtout quand on sait qu’ils n’ont pas hésité à se débarrasser de Crash, Spyro ou Jak. Plus impressionnant encore, la série est presque restée intouchée et n’a pas changé de développeur depuis ses débuts sur PlayStation 2. La raison de cette immuabilité est simple: Ratchet & Clank est une valeur sûre. Trop sûre peut-être?

Tout comme dans ses épisodes des années 2000, on prend le contrôle de Ratchet et de son acolyte Clank pour voyager de planète en planète pour déjouer les plans du Dr Nefarious. Ratchet dispose d’un mélange de capacités assez uniques. Grâce à ceux-ci, les combats se déroulent comme un shooter à la 3e personne alors que l’exploration se joue comme un jeu de plateforme. On sent instantanément que les développeurs de chez Insomniac savent ce qu’ils font, c’est leur douzième jeu dans la série après tout. La prise en main est facile et rapide et on s’amuse dès les premiers instants.

Pour agrémenter notre réintroduction à cet univers, on est accueilli par des images d’une qualité exceptionnelle et une technique impressionnante. Ce n’est pas le premier jeu PS5 auquel nous avons affaire, mais c’est le premier qui donne l’impression de ne pas avoir été possible sur PS4. La vitesse des chargements est sans doute l’aspect le plus impressionnant de ce software, ils sont tellement rapides que le jeu fait complètement fi des écrans de chargement et se contente simplement de faire des transitions par des écrans noirs semblables à ceux d’un film. Les graphismes rendent le tout encore plus impressionnant; tout est d’une précision et d’une beauté extraordinaire.

La grosse nouveauté de cet épisode est liée à son histoire. Pour faire court, Ratchet et Clank se retrouvent dans une dimension parallèle et la structure dimensionnelle est fragilisée au point d’ouvrir aléatoirement des portes vers d’autres dimensions. Cette circonstance donne l’opportunité de changer d’univers en un claquement de doigts ou d’ouvrir des fenêtres vers des environnements complètement différents; des choses maintenant faisables grâce à la vitesse de chargement de la PS5. Si sur papier, changer rapidement de dimension ne semble pas si impressionnant, en pratique le résultat est impressionnant, on n’a simplement pas l’habitude de voir ce genre de transition dans un jeu vidéo.

 

Au-delà de quelques effets visuels très impressionnants, Rift Apart ne se sert pas de sa multidimensionnalité. L’histoire nous fait rencontrer Rivet et Kit, les équivalents de Ratchet et Clank dans la nouvelle dimension, mais leur présence ne change rien au jeu. Selon le niveau on joue soit Rivet soit Ratchet, la différence entre les deux protagonistes est purement esthétique. Ils se jouent de la même manière et partagent leur inventaire. On a bien la nouvelle habileté de se tirer vers des fissures dimensionnelles au loin, une capacité assez originale en théorie, mais en fait elle marche comme un simple coup de grappin vers des points d’attache prédéterminés.

Hormis l’aspect graphique, la formule commence tout de même à montrer son âge. L’approche de bourrer le jeu d’armes originales sans se soucier du gameplay n’est plus tellement d’actualité. La vingtaine d’armes proposée est suffisamment amusante à utiliser au début, mais après une poignée d’heures de jeu, on sent qu’on atteint la limite de ce que le gameplay a à proposer. Il n’y a pas de stratégie à l’utilisation de chaque arme, elles peuvent toutes servir dans toutes les situations, ce qui rend les affrontements répétitifs assez rapidement. La plupart des combats se résument ainsi à vider chacune de nos armes de ses munitions une à une sans réelle réflexion quant à laquelle utiliser. Les aptitudes de Ratchet manquent également de finesse. Le sprint et le double saut, par exemple, deviennent obsolètes avec l’introduction de nouvelles habiletés qui sont en tous points meilleures.

Si le design des combats ne fait rien pour renouveler l’expérience, le level design, lui, amène un peu d’inventivité bienvenue. La majorité des niveaux du jeu restent très traditionnelle, mais quelques emplacements plus ouverts changent le rythme de la progression et redonnent du peps à ce gameplay légèrement rouillé.

Même si techniquement Rift Apart n’est pas un jeu de sortie de la PS5, il en porte toutes les forces et les faiblesses. C’est un software qui démontre parfaitement les avantages de la nouvelle génération sur l’ancienne, mais le gameplay n’a rien de nouveau à proposer. Heureusement pour lui, la formule Ratchet & Clank fonctionne toujours aussi bien, même si elle commence à montrer son âge.