Des fois, cela fait du bien de se faire un gros trip en enfance. Je me souviens bien, c’était l’été 2000, un copain avait reçu Pokemon bleu, il n’avait pas aimé et me l’avait échangé contre Asterix. C’était une autre époque, j’ai eu envie d’aller voir si cela avait changé.

Moi, mon Pokemon de départ ça a toujours été Carapuce, c’est comme ça. Quand j’ai trouvé Pokemon Let’s Go sur les étals, je me suis dit: « Allez Patrick, t’as un week-end de congé, vas-y! » J’avais déjà craqué, c’était en 2005 avec la version « Vert feuille » sortie sur Advance. A nouveau, j’avais pris Carapuce, puis la même équipe que cinq ans auparavant: Abra, Evoli que j’évoluais en Voltali, Leviator, Nidoking et, évidemment, Mewtwo. Retour en 2018, là, il faudra aussi choisir, et ce avant même de passer à la caisse, entre Pikachu et Evoli. J’ai toujours eu un faible pour les petits mammifères, ce sera Evoli.

C’est parti pour affronter les hordes de Pokemon et surtout les autres chasseurs en shorts de l’île de Kanto. Vous avez déjà joué à un Pokemon, vous savez ce qu’il faudra faire: avancer en suivant les indications, capturer des Pokemons et… voilà. C’est à peu près tout. Quand j’étais gosse, je me réjouissais d’aller à la chasse, tous les avoir. Là je suis parti de Bourg Palette, on m’a donné les trois animaux originels (Carapuce, Salamèche et Bulbizarre), sans challenge supplémentaire, j’ai attrapé Abra, j’ai pris un Roucool et voilà, j’ai fini le jeu en une vingtaine d’heures avec un gros sentiment de… mouais bof.

Oui c’était chouette de découvrir la nouvelle manière de capturer des petites bêtes, et non, je ne parle pas de votre frivole sortie de samedi soir, bande de petits coquins. Mais un peu de la même manière, il faut viser le cercle et envoyer votre pokéball au bon moment pour augmenter votre chance de conclure avec succès, dans la même veine que Pokémon Go. Disons que c’était chouette les cinq premières heures de jeu. Sans parler de la maniabilité lorsque la Switch repose sur son dock puisque le jeu se joue uniquement avec un seul joycon. Une sensation des plus bizarres que de disposer d’une main de libre. Mais cette manière de jouer repose le principe de la coopération puisqu’il est devenu possible de partager sa partie avec un autre dresseur afin de rendre les combats plus tactiques (enfin un poil plus) et plus fun à partager.

Sinon, l’histoire est connue, on vous offre vos techniques secrètes, sauf que maintenant c’est votre Pokemon de départ qui les apprend toutes, vous ne pouvez plus choisir à qui les donner. Ah oui, au passage un petit spoil: si, comme moi, vous avez pris Evoli pour pouvoir le faire évoluer en Voltali, Aquali ou Pyroli, tant pis pour vous, ce ne sera pas possible, il restera la petite boule de poils qu’il est tout du long. Vous vous en allez ensuite battre la ligue Pokemon et son terrible dernier champion qui n’est autre que… Ah non, un spoil suffit.

Bref, si votre petite soeur, petit frère, neveu, nièce, fille ou fils n’y a pas encore joué, c’est un bon moment de partage entre générations. Se replonger dans ses souvenirs de pré-adolescent est sympa aussi. La refonte graphique est tout à fait réussie et je ne doute pas que la connexion avec Pokemon Go! soit assurée (je n’ai jamais joué au jeu mobile). Un peu comme Super Mario Odyssey: on l’achète, on y joue avec plaisir, on le repose dans l’armoire et on ne le retouchera plus.

C’est peut-être cela aussi l’âge adulte: ne pas trouver de sens dans ce qui n’en a pas. En attendant, je retourne tuer des hordes de monstres dans les failles de Diablo 3. Quitte à faire des choses inutiles autant que cela soit jouissif!