Nioh est un jeu d’Action/RPG exclusif à la PS4 qui se déroule au pays du Soleil-Levant à l’époque du « Sengoku » (j’ai bien dit Sengoku et pas Sangoku). Développé par Team Ninja (Dead or Alive, Ninja Gaiden) et Koei Tecmo Games (Dynasty Warriors), ce jeu cherche à se forger une réputation de « dur à cuir » avec un degré de difficulté considéré comme « masocore » (masochiste/hardcore) selon son créateur Kou Shibusawa. Inspiré par un script inachevé du réalisateur japonais Akira Kurosawa (Les Sept Samouraïs, Yojimbo ou encore Rashômon), Nioh relate les aventures de William Adams, personnage historique anglais du 16ème siècle et premier samouraï de l’ouest. Bien que souvent associé à la série Dark Souls, il est nécessaire de comprendre l’extension des similitudes entre les deux licences, ainsi que leurs divergences. Présenté initialement à l’E3 de 2005, il aura fallu plus de 10 ans pour que Nioh voie finalement le jour, le 8 février 2017. 

AVERTISSEMENT :

Tout individu qui ne joue qu’occasionnellement aux jeux vidéo AKA « Casual Gamers », ne vous approchez pas de Nioh. Ceci n’est pas une mise en garde mais un conseil amical. Si par malheur vous pensez que c’est une blague, essayez donc de finir ce jeu avec moins de 50 morts à votre actif. Le « Rage Quit » sera un thème récurrent, et n’oubliez pas ceci: Nioh ne sait pas nager.

Deux tutoriels…sans blague ?!

Après avoir avalé la cinématique d’introduction en un seul et bon coup, et d’avoir eu la chance d’admirer l’ample maîtrise du CGI, on accède au prologue (tuto officieux plus qu’officiel). Cette phase de jeu initiale sert d’introduction à l’histoire et à mieux comprendre les mécanismes de base des combats. A contrario de la série Souls, Nioh nous propose non pas un tuto, mais deux, pour le prix d’un… Bien que le prologue a pour but de nous présenter la trame de Nioh, il nous offre d’ores et déjà la possibilité de se frotter à nos premiers ennemis, et d’ainsi croire pour un bref et beau moment que ce jeu n’est pas si dur que ça.

Malheureusement, tout cela ne durera que le temps d’un prologue. Durant ce dernier, seules quelques actions sont disponibles, il nous est toutefois possible d’apercevoir les affinités avec la série Souls. Le menu d’accès rapide aux item est identique, il nous est aussi possible de bloquer/parer ou tout simplement d’effectuer la célèbre roulade, mais aussi de fixer une cible pour ainsi mieux la « zigouiller ». Le système feu de camp ou lanterne de la série Souls est ici remplacé par des autels. En gros, ils servent de checkpoints mais également de magasins pour vos Amrita (monnaie du jeu), et ils sont nécessaires au développement du personnage. À chaque fois qu’on prie à ces autels on reset les ennemis. En cas de mort, on perd toute l’expérience récoltée jusque-là. Par contre il est possible de la récupérer si on arrive à l’endroit exact de notre tombe.

C’est officiel, c’est un tuto…

Après avoir récupéré un nombre incalculable d’objets et avoir traversé le prologue sans trop de difficulté, on nous offre la possibilité de suivre un tuto officiel (on vous le conseil). On comprendra alors que le prologue n’est en fait qu’un teaser de ce qui nous attend. Il faut dire que les ennemis étaient bien trop prévisibles et que nos attaques, elles aussi, étaient bien trop simplistes. Dans le tutoriel officiel, on apprendra qu’il existe trois postures différentes. Une posture haute, moyenne et basse. La première, la plus lente, inflige plus de dégâts mais consomme plus d’énergie, alors que la posture basse est plus rapide, inflige moins de dégâts mais consomme peu d’énergie, et pour finir la posture moyenne, qui est essentiellement un combo entre la posture haute et la posture basse. On apprend aussi à changer d’armes de mêlée, mais aussi à équiper d’autre types d’armes comme des arcs, des arquebuses, ou encore des cannons.

Être dans le rouge

Si tout cela semble compliqué, ceci n’est que le début parce qu’on comprendra très vite, à nos dépends, que l’énergie ou le Ki, comme intitulé dans Nioh, est un des points cruciaux du jeu. Si vous voulez enchaîner plusieurs combos, il vous faudra maîtriser l’art de la récupération, qui consiste à presser le bon bouton juste après avoir fini vos prouesses d’épéistes/acrobates. Si vous réussissez « à saisir le moment » alors vous serez récompensés par la récupération partielle de l’énergie dépensée. Dans le cas inverse, si vous êtes à bout de souffle, et que votre barre de Ki est vide, alors vous serez exposés aux attaques de vos ennemis, dépouillés de vos capacités à esquiver, bloquer ou tout simplement bouger. Inutile de vous dire que tout cela peut vous être fatal.

Il se veut dur comme Dark Souls mais pas seulement…

Nioh est sans aucun doute aussi redoutable qu’un Dark Souls. Toute action doit être réfléchie, préméditée, car si vous commencez à attaquer tête baissé, telle une brute, un simple ennemi peut vous réduire en cendre. Il est préférable d’analyser les patterns de vos adversaires avant de se lancer. Il est évident que certaines de nos morts étaient loin d’être glorieuses, on pourrait même les considérer de « Cheap », mais comme tout bon « Die and Retry » il est primordial de mourir une bonne dizaine de fois avant de trouver la solution. Et on ne peut même pas blâmer la jouabilité, car celle de Nioh est simplement superbe, il ne faut pas se le cacher. Les combats sont très fluides et variés. Trouver l’équilibre idéal entre les différentes armes et postures tout en évitant les attaques de vos ennemis peut être jouissif. Sur ce point, Nioh se rapproche plus de Bloodborne que d’un Dark Souls. Les combats, rythmés et virevoltant, sont clairement un plus pour tout fan de « Beat Them All ». Le mode multiplayer n’est pour l’instant qu’un simple mode co-op. Pas de PvP pour l’instant, mais les développeurs du jeu on promis de remédier à tout cela.

Nioh n’est pas un « Open World »

Malheureusement c’est vrai… Pour accéder aux différents endroits, il vous faudra cliquer sur une carte où plusieurs missions vous seront proposées. C’est dommage, mais aussi compréhensible que les développeurs aient opté pour ce système. Cette pratique est beaucoup moins couteuse et aussi plus facile à gérer. On aurait, toutefois, préféré se balader dans une carte gigantesque sans avoir de compte à rendre, mais le monde n’est pas parfait. Le level design est acceptable. Les niveaux sont petits mais astucieux. Les raccourcis sont aussi importants que dans la série Souls. Au vu de la rareté des autels, il est indispensable de les utiliser. L’immersion n’est pas total, mais presque.

60FPS ou 30FPS, à vous de choisir

Une des caractéristiques singulières que Nioh nous propose est le choix des FPS (non, je ne parle pas de prendre un flingue en subjectif et de liquider des samouraïs). Nous avons l’option de privilégier les graphismes ou l’action. Il est évident qu’en privilégieant l’action, quelques-uns des gros monstres qui se baladent en fond ne ressembleront pas à grand chose. A l’inverse, et comme les graphismes sont raisonnables, on ne va pas pousser le bouchon trop loin, on vous conseille vivement l’action en détriment des graphismes.

L’univers de Nioh est riche et rempli de monstres/yokais issus du folklore japonais. Les boss sont très réussis et variés. Il nous est aussi possible d’invoquer plusieurs esprits animaliers. Ils sont plutôt utiles, et ont pour but principal de servir d’attaques spéciales. C’est un excellent jeu de combat, avec énormément de possibilités dans tout ce qui a trait au « crafting », au combat et même à l’apprentissage de nouveaux combos. On vous le conseille, si vous êtes fan de la série Souls. Le bémol ? Trop de « farming » pour obtenir des potions, trop de « farming » pour vaincre les bosses et une certaine incohérence dans la difficulté entre les boss et les niveaux. Ce n’est pas un open world et William ne sait pas nager (croyez moi, ce point est extrêmement important). Nioh reste tout de même un excellent challenge pour les joueurs qui n’ont pas froid aux yeux, mais il peut tout aussi bien vous dégoûter. Il peut sembler injuste, mais il ne l’est pas, Nioh est simplement coriace. La patience est un élément clé pour venir à bout de ses adversaires. Réfléchissez avant d’agir.