Suivant la stratégie établie par Sony de développer des titres originaux qu’on ne pourrait que voir sur Playstation, le studio Ovosonico propose Murasaki Baby, un titre produit uniquement pour la VITA. Le premier titre de ce nouveau studio se démarque par son esthétique originale, mais son gameplay insuffisant en fait un mauvais jeu.

Murasaki Baby donne une bonne première impression; dès le lancement du jeu, l’atmosphère s’installe et fait sentir au joueur la lourdeur de l’univers. On découvre le personnage principal, Baby, une fillette égarée qui cherche sa maman. le style artistique tordu dessine un monde décalé, un monde sorti tout droit des cauchemars des enfants. C’est à nous de prendre Baby par la main pour la ramener avec son ballon en forme de cœur à sa maman.

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Toute l’interaction s’effectue avec les surfaces tactiles de la VITA. La réalisation de Baby est la partie la mieux réussie de ce soft, on prend sa main en mettant son doigt dessus et on l’accompagne à travers chaque niveau. Malgré le fait qu’on ait pas de feedback physique, le changement de vitesse de marche et l’animation de la petite fille suffisent à donner une impression réaliste de résistance quand on la traine. On se retrouve à tirer plus fort pour la faire avancer plus vite, mais elle finit par nous lâcher la main. Elle a peur des endroits sombres, elle s’exclame de joie quand elle se dépasse, elle appelle sa maman à travers les portes qu’elle voit; le travaille sur le développement de la relation de Baby avec le joueur est remarquable. Même si Baby est une monstruosité avec les yeux placés en dessous de la bouche, on a envie de l’aider.

Le deuxième mécanisme de jeu, celui qui utilise la face arrière de la VITA permet de changer le monde dans lequel se déroule l’action, un simple swipe de l’arrière de la console change l’arrière-plan du chapitre en cours. Chacune de ses scènes possède une propriété qui permet de faire avancer le jeu; par exemple on met en place l’univers où il y a une tempête pour éteindre un feu qui bloque le passage.

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Après les cinq premières minutes de jeu, les bonnes idées arrêtent d’affluer et l’expérience devient stérile. Le gameplay ne propose plus que des activités désagréables qui vont à l’encontre de ce qui a été construit jusque là. On doit taper sur des ennemis pour qu’ils ne s’approchent pas de Baby, ou tenir son ballon d’un doigt, un parapluie de l’autre et encore la tirer par la main pour la faire avancer. On se retrouve à recouvrir la quasi-totalité de l’écran avec nos doigts au prix de ne même plus voir celle que l’on veut protéger. Les puzzles aussi sont sans intérêt. Souvent il s’agit de trouver le bon arrière-plan au problème rencontré, sachant qu’il n’y en a pas plus de 4 à tout moment et que chacun d’entre eux n’a qu’une utilité. La seule difficulté est de savoir s’il est plus efficace de swiper avec la gauche ou la droite pour tomber sur celui recherché. A un moment, je me suis retrouvé devant un problème que je ne savais pas résoudre, alors j’ai parcouru mes différents arrière-plans juste pour découvrir qu’un nouveau venait d’apparaitre et qu’il était la solution au « puzzle ».

Non seulement l’interaction est beaucoup trop simple et inintéressante, mais le jeu ne permet pas de vite effectuer chaque tâche puisque dès que la petite fille est trainée avec un peu trop de force elle lâche prise et fait perdre encore plus de temps, ce qui aurait pu être un mécanisme intéressant avec un meilleur level design, mais dans ce cas c’est un défi à la patience, d’autant plus que les checkpoints ne sont pas très nombreux et que Baby décide avec certains arrières-plans de marcher encore plus lentement ou tout simplement de se figer sans expliquer pourquoi.

J’ai arrêté de jouer après un peu plus d’une heure, je n’en pouvais plus et je n’avais pas l’impression que j’allais rater grand chose. Murasaki Baby est une déception, le potentiel est là, mais il est complètement gâché par un level design fainéant qui tourne ses points forts contre lui-même.