Une année après les grands pays européens, Microsoft lance sa Xbox One en Suisse et ce quasiment dans l’indifférence générale. Pourquoi cette campagne marketing tourne-t-elle encore une fois de plus au vinaigre et s’apparente-t-elle à une vaste blague ? La situation pour la Suisse semble être très préoccupante malgré ce que nous avons appris récemment à la Gamescom. Microsoft abandonne-t-il le jeu vidéo en Suisse?

xbox one

Prévue pour ce vendredi 5 septembre, la Xbox One fera officiellement son apparition dans nos magasins. Un événement un peu particulier puisque ces derniers n’ont pas attendu cette date pour proposer en vente la console de Microsoft. Il est en effet possible de s’en procurer une dans certaines filiales depuis novembre dernier. Une sortie toute officielle donc pour une console déjà sur le marché.

Mais soit, il fallait bien justifier un report dont on n’a toujours pas bien saisi les raisons. Souvenez-vous l’été dernier, nous apprenions que Microsoft décalait à 2014 la sortie de sa Xbox One dans plusieurs pays européens. Les raisons invoquées consistaient à brandir la barrière linguistique ainsi que des partenariats spécifiques à chaque pays. Deux raisons tout à fait valables en apparence mais qui semblent tirées par les cheveux pour peu qu’on y regarde de plus près.

Sémantique et pragmatique

En ce qui concerne la langue, il s’agissait de traduire correctement le tableau de bord et d’intégrer les langues de notre beau pays à Kinect. Il est vrai que le français pour la partie romande, l’allemand pour la partie suisse-alémanique et l’italien pour le Tessin sont trois langues encore peu parlées en Europe. Et qu’on ne nous dise pas qu’il s’agissait de réussir à parler suisse-allemand à sa console parce que nous savons très bien que Kinect n’est pas capable d’assimiler plusieurs dizaines de dialectes d’un langage uniquement parlé et difficilement, voire impossiblement, mis à l’écrit. L’argument linguistique reste encore flou à nos yeux.

Quant à la participation active de partenaires spécifiques, les choses ne sont encore que bien plus obscures. Si Microsoft évoque qu’il sera possible de regarder la télévision via la Xbox One grâce « au câble, au satellite ou à un fournisseur télécom », nous n’avons pas pu mettre la main sur les noms de ses fournisseurs. Swisscom et Cablecom devraient être de la partie mais si ce sont eux les « partenaires spécifiques », pourquoi les choses ont pris plus d’une année à se mettre en place alors que la Suisse ne compte pas des dizaines de fournisseurs capables de concurrencer le marché? Microsoft n’a jamais réellement communiqué sur le sujet, ce qui rend cette campagne marketing tout à fait cohérente dans son ensemble: un gros flan un peu gélatineux.

Mais bon, ne soyons pas trop mauvaises langues, la Xbox One arrive et tant mieux. La console de Microsoft promet grâce à Kinect.. Ah mais.. serait-ce possible qu’elle soit vendue sans cet accessoire qu’on nous avait promis indispensable (et qui nous avait bien épaté l’an dernier)? Eh bien oui. La Xbox One sera donc disponible sans Kinect et sans jeu (499 CHF) ou avec Kinect et sans jeu (599 CHF). Il y aurait des fonctionnalités d’enregistrement de courts extraits vidéo téléchargeables ensuite sur le Xbox Live ou la possibilité de Skyper. En fait, la seule grosse nouveauté de la Xbox One, et peut-être l’un des arguments de vente le plus sous-estimé, est la présence de Netflix. Là on peut parler de vrai partenariat sachant que le géant américain débarque en Suisse le 18 septembre prochain. Et là on peut peut-être entrevoir pourquoi Swisscom et Cablecom ont dû serrer les boulons pour ne pas se faire manger quelques parts de marché.

Si la Xbox One sort donc en Suisse vendredi, nous sommes encore un peu sceptiques quant à son succès. Le Xbox Store n’existe pas en langue italienne, les jeux seront gérés depuis Londres et la branche Xbox Suisse semble réduire ses effectifs. Trois points importants qui apparaissent comme un signe inquiétant de l’avenir de Microsoft en Suisse. Sans compter l’accueil désastreux auquel nous avons eu droit à Cologne, il semble que Microsoft abandonne peu à peu certains pays, les laissant à la traîne sans vouloir dynamiser le marché. Un vrai problème pour nous autres journalistes qui tentons de démêler les informations contradictoires dans tout ce micmac. Vous l’aurez compris, la Xbox One, malgré tout le bien que nous pensons de cette console depuis un an, ne devrait pas susciter l’engouement de la population ces prochaines semaines. Dommage.