Après s’être affrontés en été comme en hiver, de Londres à Rio en passant par Sotchi, le célèbre plombier et le hérisson bleu remettent le couvert pour se bastonner dans ce nouvel opus de Mario et Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Alors que les 90’s kids se remémorent avec nostalgie la guerre des consoles Sega vs Nintendo, c’est au stade olympique de Tokyo que Mario et Sonic ont décidé de se mettre dessus une nouvelle fois. Au menu de ce nouveau titre, un mode histoire, un mode partie rapide (jusqu’à 4 joueurs), un affrontement local entre consoles connectées ainsi que l’habituel version online.

Pas de prise de risque concernant ce nouvel épisode. On retrouve Sonic et Mario accompagnés de leur bande prête à s’affronter dans diverses challenges au coeur de Tokyo. Au programme 30 épreuves, dont plusieurs font leur apparition pour la première fois comme le karaté kumite ou le skateboard. Les épreuves Rêves, sortes de versions arcades des épreuves olympiques avec bonus et autres items à utiliser façon Mario Kart, sont à nouveau de la partie. Toutes ces aventures sont disponibles immédiatement en partie rapide, ou se découvrent au fil de nos pérégrinations dans le mode Histoire.

Concernant la jouabilité, le jeu nous offre la possibilité de jouer aux boutons, façon Track’n’ Field pour les anciens, ou avec la fonction gyroscopique. Aux boutons, il s’agira tantôt de bourriner la touche A pour le 100 mètres, tantôt pagayer en dirigeant le stick vers le bas en rythme lors de l’épreuve de canoë ou encore effectuer une combinaison de touche dans le bon ordre afin de réussir son plongeon acrobatique. Selon la difficulté, le jeu est plutôt permissif. Il m’est arrivé plus d’une fois de terminer premier sans avoir compris ce qui s’était vraiment passé… Hormis en mode très difficile, ne vous attendez donc pas à un challenge corsé. Certaines épreuves sont plus brouillonnes que d’autres (le skate, la gymnastique) mais dans l’ensemble les épreuves sont agréables à faire et variées. Soyons clair, vous aurez certainement plus de plaisir à faire le titre en multi qu’en affrontant l’IA. Malheureusement le mode Partie Rapide est assez simpliste, nous proposant uniquement de choisir une épreuve à la fois. Choix à refaire après chaque partie terminée et autant vous dire tout de suite, vous passerez plus de temps dans les menus qu’à réellement jouer, les épreuves se terminant très souvent en moins de 30 secondes. On déplore un petit manque de finition concernant ce mode qui aurait mérité une option type « Grand Prix », façon Mario Kart, avec la possibilité de choisir le nombre d’épreuves à disputer à la suite et un grand champion désigné à la fin.

En ce qui concerne le mode Histoire, JO de Tokyo oblige, le titre fait la part belle à l’ambiance nippone, point fort de cette nouvelle itération. Vous aurez l’occasion de visiter les lieux les plus emblématiques de la capitale japonaise tels que le carrefour de Shibuya ou la Tokyo Tower. Le tout sur du shamisen remixé à la sauce jazzy. Une carte de Tokyo modélisée à la manière d’un Super Mario World, plutôt sympathique, vous permettra de rejoindre les destinations de vos objectifs. Côté scénario, ne vous attendez pas à des embranchements et autres plot twists façon Kojima. Une fois encore Bowser et Dr. Eggman se sont associés afin de mettre la misère à nos compères Mario et Sonic. Pour cela ils ont créé une console rétro, la Tokyo 64, capable d’aspirer et enfermer nos héros à tout jamais. Long story short, ils s’avèrent que tous les quatre vont se faire aspirer. Ils vont devoir alors collaborer afin de sortir de cette console en collectant un maximum de médailles d’or. Le scénario permet d’introduire un nouveau mode de jeu inédit appelé Tokyo 64. Fini les textures HD, ce mode nous fait revivre les JO de Tokyo 1964, tout en pixels et en chiptune. Le jeu vous proposera de passer régulièrement du monde moderne au monde retro afin de concourir dans les différentes épreuves olympiques de 2020 et de 1964. Surfant sur la vague du retrogaming, le mode Tokyo 64 est toutefois assez plaisant à parcourir. Les épreuves sont peu nombreuses mais, hormis le 100 mètres, apportent leurs lots de nouveautés. L’ambiance 8 bits est plutôt agréable (pour peu qu’on aime les gros pixels) et retrouver nos héros dans leurs sprites originaux (8 bits pour Mario, 16 bits pour Sonic) est un joli clin d’oeil. Malheureusement ce mode Histoire est anecdotique tant on s’y ennuie. Il vous sera demandé de faire des allers-retours incessants d’un lieu à l’autre, parfois uniquement dans le but de déclencher une pauvre ligne de dialogue dont on aurait pu se passer. Parlant des dialogues, ceux-ci sont extrêmement longs et n’apportent vraiment pas grand-chose hormis répéter 127 fois ce que tout le monde avait déjà compris. Au final vous passerez plus de temps dans les dialogues et sur la carte qu’à participer aux épreuves.

Les divers lieux à visiter vous permettront néanmoins d’enrichir votre culture générale. Plusieurs anecdotes et autres trivia en rapport avec les JO ou l’univers de Mario et Sonic sont à collectionner ici et là. Par exemple saviez-vous que Wario et Waluigi, à l’instar de leurs homologues moustachus, ne sont pas frères mais des compagnons de longues dates ? En voilà une belle phrase d’accroche pour briller en société. On salue l’idée même si l’on aura vite fait de ne plus trop les lires tant elles sont nombreuses.

De par sa difficulté peu corsée et son mode Histoire assez ennuyant et peu développé, ce nouvel opus de Mario & Sonic aux Jeux Olympiques aura très vite tendance à finir rangé sur l’étagère après quelques heures de jeux seulement. L’intérêt du titre se révélant principalement en multijoueurs. On retiendra quand même quelques épreuves amusantes et plutôt bien faites, malheureusement pas suffisantes pour nous faire rester longtemps sur le jeu. On aurait souhaité un contenu un peu moins timide et plus novateur.