Annoncé en fanfare lors de l’E3 en juin, prévu pour fin août déjà, Mario + Rabbids: Kingdom Battle propose aux joueurs de se plonger dans deux univers bien connus, celui de Mario et Nintendo d’un côté, et des Lapins Crétins d’Ubisoft de l’autre. Un mélange astucieux de deux figures vidéoludiques qui emprunte à XCOM une partie de sa saveur. S’il y a de quoi étonner tout le monde derrière ce crossover, il existe pourtant un véritable jeu qui saura captiver les curieux.

Franchement, on ne va pas le cacher, depuis son annonce, on l’attendait de pieds fermes. Déjà parce qu’on le trouvait plutôt joli, mais aussi parce que son système de combat nous promettait une expérience à la XCOM, au tour par tour, le tout enrobé d’un scénario gentillet. De quoi se faire plaisir sur Switch en attendant le prochain Mario. Que dire après plusieurs heures dessus (voire jours) ? Ubisoft a parfaitement su maîtriser son projet, offrant un jeu de qualité, soutenu par une direction artistique magnifique et un gameplay surprenant qui dévoile ses subtilités au fil de l’aventure, distillant de nouvelles possibilités après plusieurs combats. Mario + Rabbids est donc une réussite sur tous les plans.

Pour comprendre d’où vient cet enthousiaste prononcé, il faut regarder d’abord du côté de son scénario et de ce qui fait le sel de ce jeu, son mélange des genres et des univers. Les Lapins Crétins ont dérobé une arme capable de transformer et unir deux objets ou personnages ensembles. S’en suit, évidemment, le chaos et l’ouverture d’un pont inter-dimensionnel vers le royaume Champignon où Mario et ses amis habitent. Certains Lapins sont ainsi changés en monstres et il va falloir à Mario, Lapin Peach et Lapin Luigi toute leur force pour traverser le royaume et sauver tout le monde en… éliminant systématiquement et cliniquement les Lapins récalcitrants. L’idée consiste donc à suivre un chemin prédéfini en récupérant des pièces qui vont, par la suite, servir à acheter de meilleures armes avant d’arriver sur un champ de bataille. Le royaume Champignon étant composé de plusieurs mondes, il existe différents terrains et aptitudes à prendre en compte pour avancer. Mario et sa dream team sont donc amenés à faire preuve de stratégie pour se sortir de situations délicates. Les batailles reposent sur deux principes: éliminer tous les ennemis ou arriver sain et sauf dans une zone, mettant fin au combat. Concrètement, un combat se déroule de la façon suivante: le joueur dirige trois personnages qu’il peut déplacer sur une certaine distance, mettre à couvert derrière des blocs, ou faire sauter sur un compagnon pour atteindre un emplacement plus lointain. En même temps, chaque personnage dispose d’aptitudes propres: bouclier, soin, augmentation des dégâts etc, et de deux armes. Il est ainsi possible de se déplacer, utiliser une aptitude et tirer au moins une fois avec chaque personnage avant que ce ne soit au tour de l’ennemi.

L’aspect stratégique est relativement intéressant. Relativement, parce qu’à force, on comprend très rapidement comment se débarrasser des ennemis sans trop subir de dégâts, rendant les combats finalement moins intéressants que le reste. Parce que Mario + Rabbids: Kingdom Battle ne se compose pas uniquement de combats au tour par tour, il devient un jeu d’énigmes et de découvertes. Au fil de l’aventure, le joueur reçoit des capacités qui vont lui permettre d’explorer de nouvelles zones ou résoudre certains puzzles. Pas de quoi non plus s’enflammer mais disons qu’il y a dans cet aspect une certaine force qui nous pousse à tout voir et tout faire. On se prend ainsi facilement au jeu, découvrant des environnements dotés d’une patte graphique léchée qui propose des panoramas plutôt magnifiques. Ubisoft a également eu la bonne idée de disposer des secrets un peu partout et des défis, offrant une excellente rejouabilité une fois l’aventure terminée. De quoi s’occuper durant de nombreuses heures de jeu.

Mario + Rabbids: Kingdom Battle ne révolutionne pas le genre que propose XCOM, ce d’autant qu’il met de côté le permadeath des personnages, mais s’attache plutôt à exploiter de bonnes mécaniques de combats au tour par tour pour offrir au joueur un jeu de qualité, soutenu par une réalisation excellente. Si certains passages sont un peu lourds, notamment lorsqu’il faut enchaîner deux ou trois combats très rapidement, le jeu d’Ubisoft ne souffre finalement pas de gros problèmes. Les univers sont respectés et se mêlent idéalement, le gameplay reste accessible et divertissant et la durée de vie est longue (environ 20h). On a là un produit aboutit, sympa, pensé pour la Switch de Nintendo et agréable à traverser.