Une nouvelle console Nintendo signifie bien souvent un nouvel opus de son emblématique saga Mario. L’ex-plombier moustachu repart donc pour une énième aventure sur Switch, une odyssée qui semble bouscule légèrement les codes en introduisant une tripotée de fonctionnalités. De quoi renverser la vapeur, retourner un chapeau ou toute autre métaphore alambiquée ?

Oh non, l’infâme Bowser a encore une fois kidnappé la Princesse Peach et est, cette fois, bien décidé à se marier avec elle. Il a également volé un être ressemblant à un chapeau pour en faire une couronne. Heureusement, Mario et son nouveau copain, Cappy, le frère de la “couronne volée”, vont se mettre en route pour sauver la Princesse de cette délicate situation. A bord d’un vaisseau en forme de… chapeau, Mario et Cappy traversent le monde à la poursuite d’un gigantesque Bowser naviguant sur le bateau de la mort. Une équipe de sbires formée de plusieurs Lapins Crétins recalés, les Broodals, ont la charge de ralentir un Mario plus que déterminé à récupérer sa douce.

Pantalon et bretelles serrées, nous voilà prêts à sautiller dans tous les sens afin de récupérer des Lunes capables d’alimenter notre petit vaisseau de fortune. Les Lunes, justement, ce sont les nouvelles étoiles, ces objets au coeur même du level design taillé sur mesure par les équipes de Nintendo. On en trouve un peu partout, souvent de manière évidente, parfois cachée, et on sait qu’il en restera profondément inaccessible avant d’avoir exploré chaque recoin. Différentes zones offrent ainsi un terrain de jeu conséquent à Mario, permettant à ce petit voyageur de découvrir des environnements variés et d’utiliser toute une panoplie de mécaniques spécifiques à ces lieux. On passe de la forêt à l’eau, du feu à la glace, d’un désert à la ville, rendant ainsi chaque zone véritablement unique. Certaines se terminent relativement vite, surtout si on ne prend pas le temps de les explorer en détail, d’autres voient leur durée de vie légèrement augmentée en raison de certains pics de difficulté plus élevés. Quoiqu’il en soit, Mario Odyssey offre son lot de surprises une fois le jeu terminé. De quoi parcourir encore et encore toutes ces zones brillamment travaillées.

La beauté de cette Odyssée réside également dans le fait que Mario dispose d’entrée de toute ses capacités (enfin presque) et peut donc jouir d’une liberté totale dans son approche. Avec l’aide de Cappy, il est désormais plus aisé de se débarrasser des ennemis, de les posséder pour atteindre des zones inaccessibles par d’autres moyens et de débloquer tous les secrets. Les sauts de Mario s’articulent autour de deux principes très simples: les sauts “classiques” qui permettent en une pression de s’élever et de réaliser une pirouette, et les sauts de “rythmes”. Entendez par-là qu’il faut calquer ses pressions sur les boutons dans le “flow” de Mario pour réaliser certaines actions plus intéressantes. Brisez cette dynamique en n’ayant pas le bon timing et le saut sera raté. Mario Odyssey s’apparente ainsi presque à un jeu musical tant il devient plus intéressant lorsque les actions s’enchaînent parfaitement. Mais rassurez-vous, s’affranchir de cette idée est également dans l’esprit de ce voyage. De petites astuces ont été implantées afin varier les mécaniques. Outre le fait de posséder un ennemi, des “stages” en 2D renvoient directement le joueur à Super Mario, l’original. Ces phases contrastent parfaitement avec la 3D omniprésente d’Odyssey qui, parfois, souffre légèrement en mode portable sur Switch d’angles de vue brouillons. On rate certaines plateformes ou sauts en raison d’une vue particulière. Une autre complainte concerne certaines mécaniques que la Switch nous propose de réaliser facilement avec les Joycon détachés de l’écran. Résultat, on passe à côté de plein de fonctionnalités tout simplement parce qu’il est plus complexe de réaliser ses actions sans agiter les Joycon. Un problème qui se contourne en décidant de tout simplement mettre de côté une partie du gameplay mais qui démontre bien que ce Mario n’est pas non plus absent de tout problème.

Si Mario Odyssey ne souffre pas fondamentalement de gros problèmes, il n’est en même temps pas non plus une claque intersidérale comme l’était Zelda à première vue. Il s’agit simplement d’un bon jeu, mais pas forcément d’un Mario qui fera date dans l’histoire de la licence. On découvre avec plaisir ses environnements et ses fonctionnalités sans être surpris. C’est une sensation étrange, comme si finalement la magie n’opérait pas vraiment alors même qu’on prend plaisir à suivre cette aventure. Une explication peu convaincante qui traduit la difficulté de rédiger ces impressions. Quoiqu’il en soit, Mario Odyssey garantit une très longue durée de vie et reste une valeur sûre sur la console de Nintendo.

Au final, Mario Odyssey est plaisant, sans être trop difficile dans son approche mais en augmentant progressivement sa difficulté, notamment dans le cas de la découverte des secrets et des Lunes. On parcourt le jeu une première fois en ayant aperçu des dizaines de lieux sur lesquels revenir. En réalité, il y en a des centaines. Quant aux mécaniques, elles respectent parfaitement l’esprit de la saga et de la Switch. Sans trop être innovant, Mario Odyssey prend peu de risque, on sent que Nintendo a voulu se concentrer sur un jeu de qualité plutôt que de tenter de chambouler sa formule. La grande question consiste à savoir si, dans ce cas, il s’agit d’une force ou d’une faiblesse.