Dans un monde où le Twitter officiel du Gouvernement français se permet de féliciter publiquement un joueur de Starcraft, il est indéniable que l’eSport est en train de prendre une place importante dans notre culture. C’est dans cet univers constamment en expansion que le développeur Super Evil Megacorp veut se trouver une place, où plutôt, s’en créer une. Effectivement, le titre qu’ils mettent en avant, Vainglory, est là pour essayer de monter une scène compétitive sur mobile.

Il faut l’avouer, c’est une bonne idée. Ces quelques dernières années, en parallèle au développement surprenant de l’eSport, nous avons assisté à l’avènement du jeu mobile. Une nouvelle manière de jouer souvent rejetée par les joueurs plus sérieux pour le manque de précision dans ses contrôles, la qualité moindre de ses titres et son association avec les micro-transations. Bien que ces critiques soit fondées, il suffit de se rendre sur la page d’accueil de Twitch.tv pour réaliser que les jeux compétitifs les plus populaires ne sont pas à la pointe des graphismes et sont truffés d’objets à acheter pour compenser leur gratuité. L’accessibilité semble être le mot d’ordre quand il s’agit de faire un jeu compétitif, et Vainglory l’a bien compris; gratuit et sur mobile semble être la pointe de l’accessibilité de nos jours.

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Quel autre genre choisir que le MOBA pour se lancer dans l’eSport; de loin le genre le plus populaire sur la scène compétitive, le MOBA est presque exclusivement joué sur PC à cause de ses contrôles particulièrement bien adaptés à la souris et au clavier. Bien que beaucoup de développeurs tentent de créer le prochain gros succès en versant des dizaines de jeu du genre sur le marché chaque année, la plupart échouent face aux mastodontes que sont League of Legends et Dota 2. Vainglory contourne ce problème, car sur mobile, le public recherché n’est pas le même.

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Vainglory ne se repose pas que sur son marketing bien réfléchi, c’est aussi une application de qualité. Mes 5 parties passées dessus ne suffiront pas à en faire une critique approfondie, mais j’ai pu me faire une idée sur le jeu. En terme de graphismes, Vainglory n’a rien à envier aux titres PC; ses environnements colorés, habités par des héros détaillés sont simplement un plaisir à regarder sur les écrans de nos appareils modernes. Le gameplay a intelligemment été adapté à l’interface tactile et à l’environnement mobile. Les 3 « lanes » typiques sont réduites en un seul chemin qui mène au trône adverse, les parties s’en retrouvent intensifiées et plus courtes, un choix délibéré qui amène un peu de nouveauté au genre et qui montre que les designers connaissent assez leur sujet pour prendre des risques. A part pour un petit sacrifice en terme de vitesse de jeu et de player-count (3v3), Vainglory ne fait que peu de concessions pour sa plateforme, on retrouve donc un shop complet et un mécanisme de last hits. Le tout est de bonne facture, le meilleur (ou le pire) que je puisse en dire c’est que je me suis assez amusé en y jouant pour vouloir y jouer sur PC. Effectivement, rien n’y fait, même si l’adaptation mobile est particulièrement bien faite, jouer avec deux mains sur mobile, c’est vraiment pas confortable.

Donc Vainglory c’est bien foutu et c’est fun, alors pourquoi n’y a t-il que 200 viewers sur Twitch.tv, l’outil presque essentiel au succès d’un jeu compétitif? Je n’ai pas la réponse complète, mais quelques minutes de visionnage des streams m’ont apporté une piste. La vitesse réduite et la baisse du nombre de joueurs font que regarder une partie de Vainglory pendant qu’il y a du Dota, c’est un peu comme regarder un tournoi de FIFA 15 alors qu’à la télé il y a match.

Vainglory est disponible sur iOS et Android (téléphones et tablettes). Les développeurs nous assurent que les iPhones à partir du 5 offrent une expérience « suffisante ».