Vous qui vous inquiétiez de la Switch, ne vous en faites plus, nous avons posé nos doigts grassouillets dessus pour une analyse fine et pertinente comme nous avons l’habitude de faire (oui oui). En attendant nos impressions sur Zelda, voici celles concernant la console en elle-même.

Le premier constat est particulier puisque la console se constitue d’un écran relativement petit mais agréable et de deux JoyCon détachables qui feront office de manette une fois reconstitués. Le tout s’imbrique facilement dans un dock qui permet à la Switch de se recharger et d’être diffusée sur un écran plus grand. On “switch” donc bien d’un état fixe à une console portable et cet effet, toujours autant surprenant par sa rapidité instantanée, a vraiment de quoi donner du crédit à la nouvelle console de Nintendo. On a ainsi l’impression de disposer de jeux consoles sur portable, ce que de nombreux joueurs réclamaient.

À bien des égards, la nouvelle console de Nintendo remplit la promesse que Sony nous avait faite avec sa Vita. La Switch permet bel et bien d’amener son expérience de console de salon quand on quitte son domicile, et elle ne souffre pas des mêmes problèmes que la portable de Sony. Les concessions en termes de contrôles ont été bien mois sévères, puisque les JoyCon présentent toutes les fonctionnalités d’une manette standard, en particulier grâce à la présence de gachettes en plus des bumpers ainsi que des sticks clickables. Le fait qu’on amène carrément l’entièreté de la console avec soi supprime le problème des sauvegardes non-synchronysées ou de la préparation préalable pour être sûr que tout fonctionnera comme prévu. La portabilité de la Switch est simple: on la prend avec en passant la porte.

Tout système hybride aura bien sûr des compromis à faire. Pour la Switch, ils se situent surtout au niveau de sa puissance. Les performances de la console sont des plus impressionnantes pour une tablette de sa taille, mais ceci vient, sans surprise, au prix d’une durée de charge de batterie un peu faiblarde: comptez environ 3h en jouant à Zelda en mode tablette. À l’inverse, une fois l’image de la console projetée sur un grand écran, on a vite l’impression d’avoir entre les mains une plateforme vieille de quelques années. Comme sur toutes les tablettes, l’écran de la Switch est tactile, mais son utilité reste à être prouvée. En effet, cet écran peut seulement être utilisé en mode portable, ce qui prive certains jeux de son usage, le rendant pratiquement inutile. Nintendo a déjà annoncé que des jeux “portables uniquement” sont en développement; de notre coté, on espère que les jeux apprendront à s’adapter au mode d’utilisation de la console.

Les JoyCon ont donc cette particularité de pouvoir se clipper à l’écran, chacun d’un côté, ou de s’assembler avec un support pour former une manette afin de pouvoir jouer de manière plus agréable lorsque l’écran est en mode “dock”. Ils peuvent également être utilisés de manière “libre”, sans attache aucune, comme si chacune de nos main tenaient une demi-manette. Pour une utilisation plus confortable, la console vient avec deux sangles qui se glissent sur les JoyCon, mais attention toutefois à les attacher sur les bons emplacements, sans quoi ils seront affreusement coincés et très difficiles à détacher. Il s’agit d’ailleurs d’un défaut majeur que de pouvoir se tromper dans cette configuration et de bloquer ses JoyCon (expérience faite hein! 2h de souffrance et un bol de céréales renversé pour réussir à détacher tout ça).

Si la taille des manettes n’est pas un problème pour vous, les JoyCon peuvent aussi être utilisés individuellement comme micro-manettes. La console peut accueillir deux joueurs sans accessoire supplémentaire, si ce n’est les sangles qui permettent de rendre les boutons L et R plus accessibles. Cette proposition est particulièrement attrayante: la Switch donne la possibilité de déplacer une console de jeux pour deux joueurs en un seul bloc de la taille générale d’une tablette.

L’autre gros problème réside dans l’ergonomie des touches, élément problématique qu’il faudra contourner pour profiter des jeux. S’il ne fait aucun doute que la Switch est plus confortable que la Wii U en mode docké et en mode portable, la petite taille des JoyCon met les boutons à l’étroit. Nous nous somme souvent retrouvés à appuyer sur L ou R par erreur en voulant reposer nos doigts sur la tranche de l’appareil. Le tout en plastique donne un effet un peu “cheap” bien que ces deux manettes détachables soient extrêmement solides. A l’heure actuelle, les JoyCon n’ont encore que peu d’utilités, même si on espère qu’ils sauront être mis en avant autrement que dans 1-2 Switch. Il se peut également qu’un des contrôleurs se désynchronise de la console, ce qui peut être évidemment problématique. Quelques manipulations sont alors nécessaires afin de remettre tout cela en ordre.

Couramment, la Switch n’est que capable de télécharger et tourner des jeux, rien de plus. Sur papier, ceci est un véritable défaut, mais nous n’avons pas pu nous empêcher de célébrer le fait que Nintendo veut se focaliser sur les jeux et rien d’autre. Le premier lancement de la Switch est propre, la console ne demande pas de régler une télécommande pour sa télévision, de créer de Mii et nous n’avons plus besoin d’attendre une éternité pour que quoi que ce soit charge. On insère la carte SD d’un jeu et on joue. Rien de plus. Nintendo a promis d’ajouter des fonctionnalités à l’avenir, mais pour l’instant nous sommes heureux de simplement pouvoir lancer nos jeux en une poignée de secondes.

La Switch débarque à un moment crucial pour Nintendo. Loin de pouvoir rivaliser avec Sony et Microsoft sur l’autoroute de la puissance, le constructeur japonais tente le paris d’une console hybride qui vient occuper l’espace des consoles portables laissé vacant par ses concurrents. Un choix stratégique qui devra s’avérer payant pour Nintendo. A l’heure actuelle, la Switch propose de belles choses et semble bien partie pour s’installer mais certaines fonctionnalités risquent d’être rapidement oubliées par les éditeurs si Nintendo n’arrive pas à les rendre intéressantes. On pense notamment au motion gaming ainsi qu’à l’utilisation des “demi-manettes” dans le cadre de jeux multijoueurs. Mais la Switch a de beaux arguments avec sa portabilité et sa rapidité. De quoi séduire pas mal de joueurs qui aiment les déplacements