C’est surement grâce à ses dinosaures mécaniques et son univers post-apocalyptique que Horizon: Zero Dawn m’avait tellement intéressé en ce début d’année. J’y ai joué pour les dinos, mais c’est son scénario de science-fiction complexe et inattendu et son gameplay nerveux qui m’ont fait adorer l’oeuvre de Guerrilla. Dès la fin du jeu base, une question s’est immédiatement posée: comment construire une suite à l’histoire d’Aloy; les mystères du monde étaient en grande partie révélés et il semblait impossible de recréer une nouvelle intrigue aussi profonde que celle déjà racontée. The Frozen Wilds est un premier élément de réponse à cette question.

The Frozen Wilds ajoute un grand terrain enneigé, appelé le “Cut”, au Nord de la carte de Horizon. Ce nouveau terrain de jeu est un no man’s land ravagé par la guerre qui s’est déroulée avant les événements du jeu principal. Les Banuks, le peuple nordique de Horizon, ont un contrôle relatif de ces terres, mais ils n’ont pas érigé plus que de simples campements; les plus grandes structure à trouver ici sont les ruines laissées par la civilisation disparue il y a bien longtemps. L’attention d’Aloy se tourne vers le Nord lorsqu’elle entend des rumeurs sur l’apparition de nouvelles machines et des difficultés rencontrées par ses habitants.

Guerrilla ne s’est pas moqué de nous en termes de contenu: The Frozen Wilds ajoute une bonne dizaine de quêtes secondaires conséquentes à entreprendre pour autant d’heures de jeu. Ces missions traitent de sujets intriguants, comme les cicatrices que laissent la guerre sur les mentalités des peuples ou remettent en question l’éthique des populations fictionnelles du monde d’Horizon. L’attrait principal de cette expansion reste tout de même la trame principale qui verra Aloy se faire des alliés importants pour investiguer sur l’apparition des nouvelles machines dans le Nord.

Le style narratif n’a pas changé depuis la version vanilla. Aloy discute avec les différents NPCs et observe leurs motivations et mœurs avec un point de vue décidément moderne. Un aspect tout de même expliqué par le fait que la compréhension de l’univers par Aloy est bien au-dessus de celle de ses contemporains. Un aspect exploré plus profondément dans cette nouvelle aventure est le lien avec notre monde, le jeu donnant quelques indications géographiques avec lesquels les écrivains se sont amusés. Malheureusement, un des plus gros défauts du jeu original refait surface: le rythme de l’exposition de l’histoire laisse sérieusement à désirer. Encore une fois, le scénario est intéressant et gratifiant à découvrir, mais tous les morceaux croustillants sont dévoilés d’un seul coup et de manière peu habile.

Tout le contenu du DLC est associé au nouveau territoire, et c’est bien dommage. Cette expansion aurait pu être une bonne excuse pour revisiter le monde varié d’Horizon. Au lieu de ça, on passe plus d’une dizaine d’heures dans la neige, ce qui est bien plus que le temps passé dans n’importe quel autre biome du jeu. Le Cut est aussi bien produit que les autres locations, mais on se lasse des neiges constantes qui obstruent la vision. Aloy elle-même commence rapidement à manquer de manières originales de déclarer qu’elle a froid.

Le gameplay gratifiant d’Horizon: Zero Dawn est encore là, mais les additions y sont très maigres avec une poignée de nouveaux talents et d’armes qui ne changent pas fondamentalement l’expérience. Les nouvelles machines à combattre sont elles aussi décevantes, puisque elles n’apportent pas de nouvelles mécaniques et sont essentiellement des sacs à points de vie dont il faut esquiver les attaques. C’est d’ailleurs la manière avec laquelle la difficulté de l’expansion est gérée, tous les ennemis résisteront plus longtemps avant de s’écrouler en un tas de boulons, ce qui n’apporte rien d’intéressant ou de nouveau aux affrontements. Dans certains cas, ils sont même notablement moins bons.

Le studio néerlandais a pourtant pris en compte les grandes critiques de leur jeu et a amélioré son système d’animation faciale pour son expansion; une amélioration technologique plus que bienvenue. Sur papier, ce changement n’est pas radical, mais il fait une réel différence dans les faits. En plus de supprimer le seul grand défaut visuel du jeu, les expressions faciales des différents personnages permettent de mieux se connecter à eux et rendent les discussions tellement plus dynamiques et agréables. Ceci ne touche que l’expansion, bien sûr, et c’est bien dommage.

Même si je considère The Frozen Wilds comme une réussite, il m’est difficile de justifier son existence. Malgré ses ajouts au gameplay, les changements apportés à l’expérience de jeu sont suffisamment minces pour qu’on puisse décrire cette expansion d’un simple: “plus de Horizon”. Plus de contenu pour un excellent jeu est, bien sûr, une bonne chose, mais c’est un jeu qui disposait déjà d’énormément de choses à faire. The Frozen Wilds est chaudement recommandé, mais seulement si le jeu de base a déjà été exploré de fond en comble.