Bioware est le développeur de certaines des plus grosses licences RPG de ces dernières années, couvrant autant la science fiction que la haute fantaisie. Lors de sa conférence de presse, mercredi, EA a annoncé que son développeur fétiche se lance dans une nouvelle période, le présent.

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Bien que je sois ressorti impressionné par mon premier contact avec Shadow Realms, je ne suis pas sûr que cet engouement se traduira complètement lors de la sortie du jeu. La motivation et la passion du Project Lead était palpable lorsqu’il parlait de tous ses plans pour le futur de sa création, mais la vision d’ensemble ainsi générée semble particulièrement décousue. A sa base Shadow Realms est un jeu multijoueurs où quatre héros essaient d’atteindre la fin d’un donjon, la subtilité étant que les ennemis sont aidés par un joueur humain qui prend la place du maître du donjon, appelé ici le Shadow Lord. Le gameplay des héros est relativement classique pour un jeu d’action; chaque héros, choisis parmi six classes, possède, en plus de son attaque de base et d’une esquive, trois habilités et une attaque ultime. Du coté du Shadow Lord, la partie se passe différemment; les habilités se débloquent au fur et à mesure de l’avancement dans le jeu; ses capacités ne servent pas à combattre, mais plutôt à encombrer les adversaires.

Les quatre héros apparaissent au même endroit dans un donjon et se frayent un passage à travers des adversaires de plus en plus nombreux. Chaque classe de personnage est bien distincte des autres par son esthétique, son contrôle et ses habilités. Mon guerrier possédait des attaques pouvant toucher plusieurs ennemis et des skills infligeants de gros dégâts de zone, mais mon esquive était une très lente roulade, souvent n’ayant pas une portée nécessaire pour éviter les dégats des pièges posés par le Shadow Lord. L’action était trop intense pour que je puisse clairement inspecter mes alliés, mais parfois l’un d’eux me soignait et des zones de buff se posaient au sol quand je chargeais avec mon dash et que notre assassin utilisait une courte téléportation, qui semblait être son esquive, pour mettre ses armes à portée. Le donjon est séparé en 4 phases qui deviennent de plus en plus difficiles, car après chaque partie, le Shadow Lord débloque un nouveau sort. Dans la première partie, les bombes posées sous nos pieds n’étaient qu’une légère gène, mais une fois couplées avec des pièges à piques, elles devenaient potentiellement mortelles. Plus tard, certains ennemis héritaient d’une aura bleue, ce qui signifiait que le Shadow Lord les avait possédé. Là, la partie devenait semblable à certains moments de Evolve, un autre très bon jeu de cette Gamescom, puisque tous les héros lançaient leurs meilleures habilités pendant que le plus courageux essayait d’attirer l’attention de l’ennemi. Les derniers moments de la démo transportent les héros dans un univers parallèle pour les faire combattre le boss du donjon, un énorme démon avec des attaques dévastatrice. Malgré son statut d’alpha, l’expérience était solide et particulièrement bien équilibrée.

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Cette partie est la seule à laquelle nous avons eu accès, mais n’est qu’une petite partie de ce que sera le produit final Shadow Realms. Comme tous les jeux de Bioware, celui-ci propose une histoire complexe avec des arbres de dialogues et un profond système RPG pour l’évolution des personnages. C’est là que les questions commencent à se poser; il m’est difficile de concevoir comment le jeu multijoueurs auquel j’ai joué peut se lier à un scénario avec de multiples personnages avec lesquels on forge des relations. Tous les personnages dans une partie de Shadow Realms sont des joueurs humains, cela implique qu’aucune rencontre dans l’histoire n’est présente dans une partie en ligne. En demandant plus d’informations au développeur, la phrase « Dans la partie solo, […] » a été prononcée, ce qui renforce mon impression de séparation radicale entre l’histoire et le gameplay. Ce n’est pas tout, comme chaque joueur a l’option de pouvoir jouer le Shadow Lord, tout le monde doit faire évoluer deux personnages, son héros et son Shadow Lord, mais ceci créer un déséquilibre; le personnage principal est celui que l’on fait évoluer dans l’histoire et celui auquel on s’attache. Le Shadow Lord ne profite pas de cette attention et risque de se faire mettre de coté.

Le jeu sera lancé épisodiquement pour essayer de répliquer l’enthousiasme périodique que procure les meilleures séries télévisées. C’est une idée risquée, à savoir que ce modèle n’a encore jamais résulté sur une totale réussite et qu’il ne semble pas se prêter particulièrement bien aux RPGs. Les jeux de rôles offrent généralement beaucoup de contenu pour que le joueur puisse choisir dans quel ordre il veut l’explorer, le format épisodique ajoute des morceaux de contenu petit à petit ne laissant aux joueurs que le choix d’explorer le dernier en date.

J’ai formulé beaucoup d’inquiétudes par rapport au prochain jeu de Bioware, mais c’est principalement parce que j’ai beaucoup apprécié la démo à laquelle j’ai joué et ne comprend pas vraiment l’utilité des autres éléments qui n’ont pas encore été présentés clairement. Habituellement, les meilleures phases des jeux Bioware sont les phases de dialogues et les choix difficiles, cette fois le gameplay semble suffisant pour tenir tout seul dans un jeu, mais n’aura pas toute pas l’attention qu’il mérite.