Le saviez-vous, ARTE fait du jeu vidéo ? Si on a découvert ça l’année dernière à la Gamescom également, ce qu’on avait vu était très encourageant. On a donc sauté sur l’occasion de dévoiler The Wanderer : Frankenstein’s Creature.

Si vous l’avez raté, on a recemment testé The Fisherman’s Tale, excellente production ARTE. Même si le jeu du jour n’est pas du tout issu du même studio, la houlette de la chaîne de télévision franco-allemande me paraît maintenant gage de qualité. C’est donc le cœur vaillant et l’esprit confiant que je me suis allé à la rencontre de Cédric Bache, l’un des fondateurs du studio français La Belle.

Parce que je suis hyper consciencieux, si si, j’avais même pris le temps de parcourir leur site web avant le rendez-vous. La biographie de la boîte indique une volonté de créer des jeux qui ne soient pas que du divertissement. Ses trois membres fondateurs étant respectivement issus des mondes du film, du jeu vidéo et du journalisme, ensemble ils forment un curieux, mais logique assemblage. Un peu comme la créature de Frankenstein ?

C’est d’un rire sonore que Cédric Bache accueille ma question. « Effectivement, on est nous-même une sorte de créature particulière », confirme-t-il en souriant, après m’avoir expliqué leur amour pour l’œuvre de Mary Shelley. Il précise que peu d’adaptations dans la culture pop ont su cerner correctement ses subtilités. Eux, ce qu’ils veulent, c’est montrer comment la créature évolue, comment elle « nait », grandi, apprend et se découvre, comme chacun d’entre nous.

It’s alive!

Qualifier The Wanderer : Frankenstein’s Creature de jeu « arty » serait un doux euphémisme, puisque l’intégralité des décors ont été peints à l’aquarelle en amont, avant d’être découpés et intégrés au jeu. C’est simplement superbe. La créature manque, elle, un peu de finesse, mais c’est assumé (ou ce sera encore amélioré du côté des animations). Celle-ci se déplace grâce à la souris, à manière d’un point and click. Plus on clique loin du personnage, plus il avancera vite.

En tâtonnant au début du jeu, on s’identifie assez bien à cette créature enfantine qui découvre la nature, puis petit à petit nos actions vont forger son caractère. Par exemple, on peut tenter de chasser un cerf, mais on peut aussi décider de le laisser filer ou se faire mordre par un serpent. Ces choix auront des incidences sur la « morale » du monstre et définiront également la fin à laquelle on assistera.

Le gameplay reste assez basique et la narration prime, mais j’ai beaucoup aimé accompagner les premiers pas du « monstre ». C’est visiblement un jeu qui doit se penser « outside the box » et doit conduire le joueur à se questionner sur sa propre « monstruosité ». Des petites séquences de gameplay différentes sont également disséminés dans les tableaux (sous forme de mini-jeu en lien avec le scénario).

Sans verser dans le pathos, The Wanderer : Frankenstein’s Creature semble proposer une quête initiatique émotionnelle parfois dérangeante, mais aussi reposante… Jusqu’à ce qu’un allemand un peu trop jovial, s’exclamant bruyamment sur le jeu d’à côté, me fasse sortir de ma rêverie. Il y a encore du boulot de finition à faire et l’équipe le sait. Mais quand elle aura lâché la main de sa « créature », nul doute que je me pencherai sur son évolution de manière attentive.

Sortie prévue sur PC et OSX, avant un portage à venir sur Switch et mobiles, pour la fin de cette année, si la foudre tombe au bon endroit.