Parfois, quand on se balade dans la Gamescom et qu’on passe d’un rendez-vous à l’autre, on a l’impression que la moitié de la production actuelle de jeux vidéo est faite en Pologne. Ils doivent avoir une culture de codeurs de fou et des subventions étatiques de dingue pour arriver à élaborer autant de jeux de qualité. Help Will Come Tomorrow n’est peut-être pas le jeu polonais le plus mémorable que l’on a pu voir pendant le salon (en même temps, entre Cyberpunk et Dying Light 2, c’est pas facile tous les jours). Mais il pourrait s’avérer sympathique dans le registre du jeu vidéo narratif à choix multiple.

On est en 1917, la Russie est au bord de l’effondrement politique et un train traverse la Sibérie avec à son bord des gens de tous bords (elle était facile celle-là). Un attentat terroriste détruit soudainement le convoi et un petit groupe de survivants se retrouve coincé en Sibérie, avec ces mêmes terroristes qui rodent. Ce qui n’est peut-être pas une situation rêvée… à part peut-être pour un ours polaire, mais je digresse.

Les survivants étant de classes sociales très distinctes (aristocrates, militaires, prolétaires, etc.) il va falloir les aider à survivre tant que se peut dans l’enfer sibérien, tout en faisant en sorte qu’ils n’en viennent pas aux mains et finissent par se haïr les uns les autres. On est donc là devant un jeu de survie à forte portée narrative, qui a la volonté de proposer quelque chose d’assez réaliste, puisqu’il va falloir autant gérer ses maigres stocks de nourriture et de ressources matérielles, que la santé des protagonistes et l’ambiance qui règne entre eux.

Autant le dire tout de suite, cette démo ne nous a pas permis de nous faire un avis franc sur le jeu. Elle débutait au quatorzième jour, alors qu’un des rescapés était gravement malade et que notre garde-manger était bien plein. À mon avis, cette séquence était surtout bâtie de telle sorte que le joueur puisse observer les tensions entre les différents personnages, que l’on tente de calmer à l’aide de dialogues à choix multiples, ainsi que la manière dont ils peuvent soudainement passer l’arme à gauche (surtout s’ils sont communistes, mdr). Un jeu comme cela étant surtout intéressant sur la durée, au niveau du nombre de possibilités et de conséquences qu’entraînent nos actions, on va quand même dire que, malgré quelques clichés inévitables dans l’écriture des dialogues entre le communiste et l’aristocrate, il se pourrait qu’on puisse bien accrocher à un jeu de survie qui semble assez solide et pas trop mal écrit. Sinon je tiens à signaler que l’éditeur du jeu brasse sa propre bière, et qu’elle est vraiment très bonne… voilà, santé.