De manière conviviale et détendue, presque sucrée et chatoyante, nous avons pu explorer, à notre guise, les jeux présentés cette année par Nintendo.

Super Smash Bros. Ultimate

Oui, on l’a fait, on a joué à SSBU. TuuT TuuT les rageux, comme on dit dans le milieu. Ce n’est pas la version complète que nous avions sous les yeux. Seulement une quinzaine de personnages étaient jouables sur les septante-cinq que comptera le jeu à sa sortie. Alors, comment dire, vous connaissez certainement mon côté vieux de la vieille qui sort la même rengaine « à quoi bon sortir le même jeu que le précédent », mais là je me sens coincé avec cette pensée. L’écart entre ce nouvel épisode et Super Smash Bros. for Wii U est ridiculement mince, même comparé à celui qu’il y avait entre ce dernier et Super Smash Bros. Brawl (sur Wii). Je vois déjà un wagon de puristes s’arracher les cheveux, déchirant leur chemise, la bave aux lèvres et éructant mon nom de colère en cherchant un moyen de me faire endurer mille tourments. Bien sûr qu’il y a des ajustements, notamment dans l’équilibrage des personnages, le rajout des absents des versions précédentes et des arènes supplémentaires. MAIS, mais il faut reconnaître qu’avec son interface identique, impossible de ne pas se sentir en terrain connu. Autant se frotter à la nouveauté, c’est pourquoi je me suis contenté d’essayer les deux seuls nouveaux combattants disponibles (pas de King K. Rool, ni de Simon Belmont).

Ridley m’a paru être un croisement entre Bowser et Meta Knight dans ses mécaniques un peu pataudes (« Un peu Dracofeu alors, non ? » me glissait alors cyniquement M. Plouf). Trop grand. En revanche, l’Inkling, issu de Splatoon 2, fluide et rapide m’a paru nettement plus intéressant avec sa jauge de peinture à recharger. Voilà c’était Smash Bros. Pas LE Smash Bros., mais UN Smash Bros. Trop similaire pour qu’on puisse s’y extasier. Les puristes (ceux qui attendent devant la porte avec des torches et des fourches), eux verront que la nouvelle mécanique de dash aérien et le bouclier au timing parfait changeront tout le meta-game (en gros : les stratégies à développer et les parades pour les contrer en compétition), mais ce sont eux aussi qui ne joueront que sur la carte « Destination Finale », alors à quoi bon en avoir 300 (sic) ? Pour vous puristes, et Dieu sait le respect que j’ai pour votre maîtrise du jeu, SSBUsonne comme une grosse mise à jour. Pour nous, pauvres mortels, on se contentera de lancer quatre ou cinq fois le jeu, de mettre tous les objets, de ne rien comprendre à la lisibilité du jeu et de passer à autre chose. Exactement ce qu’on a fait dans le petit salon Nintendo.

Sortie le 07 décembre

Pokémon Let’s go

Et pour le coup, on en est sorti du petit salon. Sortis pour parcourir de vastes contrées et explorer chaque recoin de la forêt pour… pour… TOUS LES ATTRAPER, voyons ! Pokémon let’s GO est le prolongement du jeu mobile à succès, sur Switch, fondu dans le moule des versions Rouge et Bleu de 1996. On y dirige un dresseur, qui peut choisir d’affronter et/ou de capturer les petits monstres. Sur place, on nous avait collé la fameuse Pokéball en plastique dans les mains. Sur le dessus se trouve un petit joystick. On peut alors s’en servir à la fois pour contrôler le dresseur, choisir les attaques durant les combats (sacrée amélioration depuis la version sur Smartphone), mais aussi imiter le geste de lancer de ba-balle. À 55 CHF l’ustensile (en plus du prix du jeu), difficile d’y voir autre chose qu’un gadget pour fan boy, car il n’y a aucune amélioration du gameplay. On a malheureusement vite fait le tour de la question. Le fait de pouvoir transférer les Pokémon de la région de Kanto, trouvés sur mobile, vers la Switch, aura probablement de quoi relancer l’intérêt pour le phénomène « GO », et ainsi arpenter le bitume pendant des heures, mais nous, c’est plutôt de marbre que nous sommes restés.

Sortie le 16 novembre

Super Mario Party, par M. Plouf

Vous aimez Mario Party ? Moi j’aime bien Mario Party…5. J’avoue que depuis cet épisode sorti sur Gamecube en 2005, je n’ai jamais retrouvé ce même plaisir. Avec des mini-jeux inventifs et amusants et un jeu de plateau efficace bien qu’un peu lent, il fut longtemps le compagnon idéal des soirées d’hiver un peu arrosées entre potes. Mais depuis, Nintendo n’a jamais vraiment semblé savoir quoi faire avec sa licence, la fourvoyant souvent dans des titres au mode plateau aussi déséquilibré qu’inintéressant et aux mini-jeux quelconques. Cela va-t-il changer avec Super Mario Party ? Eh bien peut-être que oui.

Impossible de se prononcer sur le jeu de plateau en lui-même, la petite démo à laquelle nous avons joué ne comportait que cinq mini jeux, mais ceux-ci étaient particulièrement réussis (pour du Mario Party, cela va de soi). Des jeux qui utilisaient d’ailleurs les fonctionnalités de reconnaissance de mouvement et d’accéléromètre du joycon. Cuire un cube de viande sur tous les côtés en faisant semblant de tenir la poêle par le manche. Rouler debout sur un tonneau en inclinant le joycon dans toutes les directions, ce genre de choses. En fait, on a l’impression que le joycon est une wiimote qui fonctionne et donne ainsi pas mal de possibilités aux développeurs pour enfin renouveler un peu leurs mini-jeux et laisse voguer leur imagination. Et on s’est bien amusé. Alors à voir lors de sa sortie sur Switch le 5 octobre prochain.

Diablo 3, par Patrick de Fellowsheep

Quand j’ai pris le jeu en main, je pensais avoir un personnage au niveau 1 et faire le début de l’histoire jusqu’à la cathédrale. Que nenni, Blizzard et Nintendo savent qui ils veulent attirer avec cette première démo du jeu sur Switch: les joueurs réguliers en quête de mobilité. Ils ont mis un type de chaque classe, au niveau 70, avec le build le plus populaire pour chacun d’eux. Le but de cette présentation : une sorte de faille supérieure qui ressemble à un boss rush des moments les plus mythiques du troisième opus de la saga. Franchement, cela se joue aussi bien que sur PS4 et, surtout, c’est stable. À voir comment Diablo 3 se comportera sur Switch dans les niveaux de difficulté les plus compliqués avec des hordes d’ennemis et des explosions partout, pas sûr que la console arrive à afficher tout ça. Autre problème pour les amateurs de end-game: le mode saison sera uniquement disponible avec une connexion internet. Une perte pour une console aussi mobile que la Switch

The Gardens Between

Finalement, la surprise est venue de cet intrigant jeu indé (mais donc également disponible sur PS4 et PC) qui propose de jouer avec le temps, dans un monde onirique, afin de permettre à un jeune couple de progresser. On influe principalement sur le « déroulement du temps », symbolisé par la caméra qui se déplace en cercle autour d’îles représentant les différents niveaux. En faisant dérouler vers l’avant ou l’arrière, on peut observer ce qui se passe, rembobiner et déclencher des actions contextuelles. Le principe est tout bête, mais nous n’étions pas trop de quatre cerveaux (Patrick étant trop occupé à comparer des stats dans Diablo 3) pour résoudre certaines énigmes. Intriguant et aux graphismes léchés, voilà un jeu qui m’a donné envie de l’explorer plus en profondeur.

Sortie le 20 septembre

Nous n’avons bien sûr pas pu tester tous les jeux présentés ce jour là  (FIFA 19Dragon Ball Fighter ZValkyria Chronicles 4, entre autres), mais avec ce line-up pas folichon, la Switch confirme foncer tout droit sur l’autoroute du portage. Rien n’a se mettre sous la dent sur 3DS, malgré les annonces récentes de jeux encore à venir. Il n’est donc pas (vraiment) surprenant que la récompense du « meilleur jeu Switch » décerné lors de cette Gamescom ait été attribuée à Super Smash Bros Ultimate.