Ce n’est pas formidable le jeu vidéo ? Ce média qui nous permet d’incarner tout et n’importe qui…ou n’importe quoi ? Un space marine, un maire, un chevalier, un flic à la ramasse ou alors…ben, une abeille. C’est le postulat de base de Bee Simulator. Parce que pourquoi pas, finalement ? Faire un simulateur d’abeille ouvre certainement des portes intéressantes au niveau mécaniques de jeu et autres idées de game design. Par exemple gérer sa ruche et la faire prospérer. Améliorer sa production d’abeille. Sa production de miel. Former une armée d’abeille pour aller attaquer les méchants apiculteurs. Ou alors… rien de tout ça. Bienvenue dans Bee Simulator.

Il est vrai que « Bee Simulator » est un titre qui s’adresse avant tout aux enfants. « Aux enfants de 5 à 14 ans », nous affirme le responsable marketing. Voilà donc une tranche d’âge très large. On veut bien croire que Bee Simulator puisse parler aux enfants de 5 ans. Mais à 14 ans…essayer de venir concurrencer League of Legends et Fortnite, c’est vraiment quelque chose de très ambitieux (pour ne pas dire illusoire). Alors souhaitons bonne chance à Varsav Game Studios, les Polonais à l’origine du projet, qui comptent dans leurs rangs quelques 80 employés.

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Soyons clairs, Bee Simulator n’a de simulateur que le nom. « Une vraie ruche serait très peu propice à créer un bon level design », nous explique le responsable. Pas faux, c’est pour cela que l’intérieur de la ruche ressemble plus à un niveau de plateforme 3D de l’époque de la N64. On trouve différents modes de jeu dans Bee Simulator, dont un mode histoire. Il se trouve que notre ruche se situe en plein cœur de Central Park et que le vieil arbre qui l’abrite sera bientôt abattu par les méchants jardiniers du coin. Il va donc falloir former une armée pour aller…non, je pense trop comme un adulte. Il va donc falloir trouver un nouvel emplacement pour déménager nos consœurs abeilles, afin que la ruche puisse poursuivre sa paisible existence de bzzzzzzzz. Alors on virevolte dans la ruche, on suit le petit point qui indique notre objectif actuel, on va parler à la reine abeille qui nous dit d’aller chercher du pollen. Car oui, les abeilles discutent dans Bee Simulator. Quant à savoir si elles ont été doublées par de vraies actrices, les problèmes techniques rencontrés par les responsables du studio présents à la Gamescom ne nous ont pas permis de le savoir, ni d’ailleurs d’écouter les compositions qu’on nous promet magnifiques. Il parait qu’ils ont même engagé un des compositeurs polonais de The Witcher 3, un de ces jeux pour adultes.

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Alors on sort ramasser du pollen et, vu qu’il s’agit d’un jeu pour enfant et que les enfants ne sont pas friands de mécaniques de jeu, de challenges ou de toutes ces choses qui rendent les jeux vidéo amusants, on se contente de voler à travers les cercles au-dessus des fleurs et qui forment un petit parcours du combattant en culottes courtes. Avez-vous joué à Superman 64 ? Si oui, sachez que je compatis fortement. Mais on est plus ou moins dans le même ordre d’idée, sans la maniabilité catastrophique, les graphismes dégueulasses et Lex Lutor. Voler à travers des cercles donc, tout un programme. Puis vient le temps de ramasser du pollen spécial pour lequel il va nous falloir la vision de l’abeille. Pensez à une vision du détective que l’on retrouve dans beaucoup de jeux récents (Batman ArkhamThe Witcher 3, etc.) et qui souligne avec des couleurs flashy des éléments particuliers du décor, mais en beaucoup plus…bzzzzzzz.

Le pollen spécial étant maintenant ramassé, il était temps d’aider une consœur qui s’était fourvoyée dans un verre de vin rouge (les abeilles ont des problèmes d’abeille). Il faut donc pour cela faire une course en volant dans des cercles pour ramener l’abeille saoule à la ruche, mais celle-ci n’aime pas qu’on vole plus vite qu’elle à travers les cercles. Ce qui fait que, lorsque l’on gagne la course, on a plus qu’à la recommencer (étrange idée pour une course d’ailleurs). Quelques minutes plus tard, l’abeille bourrée se retrouve coincée par un bug (informatique, je précise). La responsable présente sur le stand vient alors à ma rescousse et me projette directement dans la prochaine phase de cette quête : le combat contre une guêpe. Cliquer au bon moment lorsqu’une jauge se remplit pour donner un coup, cliquer au bon moment pour contrer l’attaque de la guêpe, voilà qui est passionnant.

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La présentation touchant à sa fin, il est alors temps d’essayer le mode en écran partagé à 2 joueurs. On peut y lancer des challenges à faire à deux. Cependant, le second joueur étant incapable d’accepter un des challenges (encore un de ces fichus bugs), le tout sera remis aux calendes grecques.

Il est malheureusement déjà l’heure de conclure. On veut bien ne pas être le public cible, on veut bien que le responsable nous ait promis un mode adulte comportant plus de gameplay et de possibilités d’interaction. On veut bien que le jeu soit beau et les insectes terriblement bien modélisés. Que l’énorme équipe de développeurs semble très motivée par son projet. Mais en l’état, on ne voit pas bien où se situe le réel intérêt ludique de Bee Simulator, qu’on ait 5 ans, 14 ans, ou plus. Alors on va juste espérer qu’il trouve son public à sa sortie en 2019 sur toutes les plateformes, un public dont je ne pense définitivement pas faire partie.