Il est parfois intéressant de voir le même jeu deux fois dans un salon et de deux manières différentes. Déjà parce qu’on peut se faire un avis plus précis mais aussi parce qu’on peut changer d’avis complètement. 

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J’ai donc vu deux fois Gears of War 4 en même pas 24 heures. Et vous savez quoi ? Je suis emprunté pour vous raconter cette aventure passionnante parce que j’ai changé d’avis plusieurs fois. Mardi tout d’abord, j’ai pu jouer à la même démo grisâtre qui n’a fait que renforcer mes connaissances de la série, à savoir une succession de couloirs gris avant de descendre dans une cave d’un gris plus sombre tout en affrontant des monstres d’une teinte de gris légèrement plus explosive. Bref, c’était à se demander si les développeurs n’étaient pas daltoniens. Ce d’autant que le jeu, en excluant cette exploration de tous les gris possibles, n’offrait pas des sensations extraordinaires. Le principe reste simple mais vu et revu, on avance, on pousse des portes, on se met à couvert et surtout on tire sur tout ce qui bouge, le tout soutenu par deux coéquipiers qui vous racontent un peu leur vie tout en extrayant leurs tronçonneuses du corps encore fumant d’un ennemi malencontreusement passé par-là. Pas de quoi casser des briques grises du coup.

Et puis mercredi, lors d’une présentation privée chez Microsoft, j’ai découvert que Gears of War 4 disposait, finalement, de plusieurs couleurs. Le développeur présent a simplement lancé une vidéo d’une quinzaine de minutes pour nous montrer un niveau, les changements d’armes possibles et différents ennemis. Ce qui frappait d’entrée à la vue de cette vidéo n’était autre que sa qualité supérieure à la session « hands on » du jour d’avant, la raison étant simple puisqu’il s’agissait d’une capture PC. Autant vous dire que la différence est notable, notamment en terme d’images par seconde, de profondeur de champs et d’affichage des couleurs; parce que oui, Gears of War 4 dispose d’environnements relativement variés et propose des extérieurs et quelques panoramas chatoyants. Des séquences épiques viennent également rythmer l’action et nous avons pu assister à la destruction assez impressionnante, mais rapidement oubliable, d’une ferme. Il faut tout de même préciser que ces éléments sont peu visibles en jouant puisque le nombre d’ennemis reste conséquent. Des ennemis qui sont, après analyse, très quelconques. Ceci dit, dans le feu de l’action, il est souhaitable de changer d’armes constamment et surtout d’imposer un rythme au jeu parce que ce dernier ne le fera pas vraiment à votre place. Il en revient donc au joueur de ne pas rester planqué derrière un muret pour aligner les ennemis qui avancent un peu bêtement vers lui. 

Gears of War 4 est un jeu qui saura sans doute trouver son public en raison du mode coop et de quelques séquences savoureuses, mais qui pourrait tout à fait se ranger dans la catégorie des jeux qui ont de la peine à s’actualiser tant la formule qui a fait leur succès date de dix ans et n’a pas bougé d’un iota gris.