Soyons clairs, le jeu vidéo est un univers gangrené par des personnes dont la seule envie est de faire du profit rapidement. Un peu comme la musique il y a quarante ans. Quand on voit ce que ça a donné avec l’industrie du disque, on est d’autant plus content de pouvoir rencontrer des équipes comme celle de Total War : Arena.

Vous me direz que chez Sega, toutes les volontés qu’ils ont pu avoir par le passé pour faire du pognon se sont soldées par des faillites, mais là n’est pas la question. Bref. Nous sommes vendredi et les stands de la Gamescom commencent gentiment à être démontés. De plus en plus de personnes en tailleurs ou costards marchent vite avec des valises au bout du bras, ça sent la dernière Schnitzel. Moi? Je vais chez Koch Media, une agence de communication qui s’occupe de plusieurs éditeurs, dont Sega et son Total War : Arena.

J’ai l’habitude, chez Koch Media c’est toujours la croix et la bannière. Cela a effectivement été difficile d’entrer, mais j’ai eu droit à mon verre de jus de pomme et à rencontrer Jan van der Crabben, chef d’opération chez Creative Assembly. Je m’attendais à une présentation typique, posé dans un canapé avec deux gars qui allaient me présenter des vidéo déjà vues. Mais non. On s’est assis au milieu du stand et Jan s’est tourné vers moi et m’a dit : « Alors, tu veux savoir quoi sur le jeu ? »

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Aussi étonnant que ça puisse paraître, quand on passe trois jours à se manger du marketing et de la communication, ça fait du bien de se retrouver face à quelqu’un qui a simplement envie de parler de son bébé. C’est là que la magie a opéré.

Alors, Total War : Arena n’est pas le jeu de l’année. On aurait, par contre, pu décerner le prix du «jeu qui a le plus écouté ses fans et qui leur a pondu un produit pour leur faire plaisir.» Basé sur le moteur de Rome II, Arena est un Free to Play disponible pour le moment en Alpha fermée en Europe (NDLR : il suffit de s’inscrire sur le site pour obtenir des clés Alpha).

C’est toujours de la stratégie, cette fois-ci en «presque» temps réel, à 10 contre 10 où chaque joueur dirige trois corps d’unités. En tout, ce sont donc 60 bataillons qui s’affrontent sur des cartes dessinées pour que les matchs durent entre quinze et vingt minutes. Ce sont les joueurs qui ont voulu ça et Creative Assembly s’est exécuté. Mais le plus beau ne s’arrête pas là.

Il est possible pour le moment de jouer soit les Grecs, soit les Romains, mais les déclinaisons sur d’autres peuples sont tout à fait envisagées. La seule chose qui dérange l’équipe serait que, comme dans Civilization, il puisse y avoir des rencontres improbables comme les Shoguns japonais avec des troupes barbares celtes. Jan n’a pas su encore me dire s’ils imposeront par la suite deux camps ou s’ils resteront sur des peuples européens.

Nous avons finalement évoqué le modèle économique. Le Free to Play fait extrêmement débat, surtout depuis que le tout se transforme de plus en plus en Pay to Win (coucou EA, Blizzard et Ubisoft). Pour Total War : Arena, le jeu sera disponible entièrement gratuitement. Un peu comme dans League of Legends, on pourra s’offrir des boost d’expérience et des unités spéciales. Mais attention, comme le souligne Jan, la progression n’est pas la même que dans LoL et en voulant monter trop vite de niveau on se retrouve face à des gens qui n’ont pas payé et sont bien mieux habitués aux possibilités qu’offre Arena.

Du côté des unités, celles qui se seront échangées contre quelques kopeks n’auront pas de possibilités supplémentaires à celles qu’on peut se procurer de manière gratuite dans le jeu. Le modèle économique payant est donc destiné aux vrais fans de la série, ceux qui voudront tout avoir.

Une rencontre d’une petite demi-heure qui s’est conclue par un certain soulagement de Jan. Il était vraiment fier de pouvoir dire : « On a mis des pixels sur la volonté des fans de la première heure de Total War. » Malgré mon cynisme habituel, j’ai vraiment envie de le croire cette fois. On saura si je me suis trompé au printemps 2016.