Cela n’aura échappé à aucun suiveur du monde vidéoludique : les jeux indés se livrent une bataille sans merci. A l’occasion de la Gamescom, on a pu découvrir certaines de ces œuvres qui tentent de se tailler la part du lion sans pour autant arriver toujours à convaincre.

Vu qu’il y en a eu beaucoup, autant faire simple. Il y a du bon et du moins bon. Sans vouloir dénigrer certains éditeurs, on vous fera payer quinze boules pour une adaptation d’un jeu flash gratuit ou un jeu mobile qui était à 2.- sans pub sur votre store préféré. Au-delà de ce petit coup de gueule, il n’y a aucune vérité, juste des ressentis après quelques minutes de jeu.

Mes tops :

Enter the Gungeon

Clairement mon coup de cœur parmi ce choix de « petits jeux ». Rien de bien compliqué, un rogue-like comme on en a vu plein. Par contre une efficacité longtemps recherchée de mon côté. En gros, les développeurs de chez Dodge Roll ont pris les meilleures éléments de The Binding of Isaac, Nuclear Throne, Crypt of Necrodancer et Dungeon Souls pour en faire un bon jeu. Dès 2016, vous aurez le choix entre 300 armes et devrez parcourir cinq niveaux pour terminer, plutôt rapidement, l’entier du soft. Après, tout dépendra de vos envies de rejouabilité. Le développeur sur place m’a promis plusieurs surprises d’ici l’arrivée d’Enter the Gungeon. Une attente qui va être longue.


 

Verdun

Dans un monde du FPS cannibalisé par les armes futuristes, les talents magiques exacerbés et la vitesse incontrôlable, Blackmill Games a fait le choix inverse : la boue, la lourdeur, la lenteur et la complexité du combat dans les tranchées de la première guerre mondiale. Des armes d’époque, des terrains reconstitués depuis les vrais champs de bataille et un travail d’historien pour coller au plus près de la tension du début du siècle passé. Au final, une immersion totale et un jeu uniquement multijoueur pour tenter de réaliser que dans le nord de la France, ce n’était pas que de la campe dans les artères de terre.


 

Guns, Gore and Cannoli

Toujours sur fond historique, Guns, Gore and Cannoli nous fait traverser l’Atlantique. La prohibition des années 20 donne le cadre à ce shooter créé par le studio belge Crazy Monkeys. A nouveau, la recette est connue et ressassée. On incarne Vinnie Cannoli, un mafieux qui doit aller tuer le chef d’une autre famille qui s’est entouré d’une armée de zombies. Bref, beaucoup d’humour et d’hémoglobine pour un résultat sympa, seul ou en coopération, mais qui prendra toute son ampleur au moment de combattre à quatre dans une arène en local.


 

Mayan Death Robots

J’ai un aveu. Sur mon programme, c’était le jeu qui me tentait le moins, j’avais vu quelques vidéos de la création du studio Saleni sans vraiment comprendre ce que je regardais. Pour moi, le jeu vidéo doit être simple. Effectivement, il n’est pas aisé de voir les mécaniques d’un premier coup d’œil, par contre, une fois la manette en main c’est génial et intuitif. Le but est simple, tuer la divinité adverse. On a le choix entre une dizaine de personnages qui ont des pouvoirs spécifiques et, à l’image d’un bon vieux Worms, il faut zigouiller l’adversaire. Jeu d’action en temps réel, Mayan Deaths Robots promet des parties endiablées lors de vos soirées gaming avec vos potes.


 

Mes flops:

Pumped BMX

Déjà le type ne m’inspirait pas confiance: sur-motivé, plus vendeur de tapis que développeur et un accent british exagéré. Quand il a commencé sa petite présentation en justifiant la sortie du jeu sur Steam parce que la version mobile n’était pas pratique, mon sang n’a fait qu’un tour. Oui c’est marrant, oui on peut se faire plaisir, mais ça reste un jeu flash qui a été porté sur le moteur Unity. Il sortira le 11 novembre pour neuf euros, un conseil : s’il vous tente, attendez les soldes Steam.


 

Coffin Dodgers

Depuis le premier jour de la Gamescom, je cherche le mot pour désigner le petit scooter électrique qui fait fureur chez les personnes âgées dans les pays anglo-saxons. Je ne l’ai toujours pas, mais vous voyez certainement à quoi je fais allusion. Milkytea s’en est inspiré pour créer son Mario Kart-like ou, devrais-je plutôt dire : Road Rash/Mario Kart/Street Racer. Treize circuits, quelques upgrades disponibles, un mode local qui rattrape un peu la chose, mais un jeu qui s’adresse à une niche d’amateur de jeux débridés. C’est très fun, il y a certainement eu beaucoup de drogue durant le processus de création, mais ça n’atteint pas le niveau souhaité.


 

Action Henk

Concept à nouveau plutôt vu et revu. Dans Action Henk on incarne un ancien jouet superstar qui veut retrouver sa splendeur et doit donc défier les nouveaux gadgets préférés des bambins. C’est un Racer tout ce qu’il y a de plus bête et méchant. Le studio Rage Squid a repris les mécaniques qu’on connaissait dans Tiny Bird sur mobile, c’est-à-dire «pomper» dans les descentes pour prendre de la vitesse pour la bosse suivante. C’est nerveux, c’est joli, mais Bit.Trip Runner 2 est mieux abouti à mon avis. Une très bonne chose par contre, on va pouvoir créer nos niveaux, et ça, ça pourrait être sympa.

En définitive, il y a de tout, pour tous les goûts. Ce sont mes avis, mais n’espérez pas voir Steam se désemplir d’un peu tout et n’importe quoi. Il faut la bonne idée qui permettra de triompher des autres et les combats sont rudes. Tellement acharnés même, que certains préfèrent la quantité à la qualité. Dommage.