Rares sont les petits jeux dont l’équipe de développement regroupe autant de talents respectés que Firewatch. Le studio Campo Santo se compose de l’équipe d’écrivains de « The Walking Dead Saison 1 », le directeur et le directeur artistique de « Mark of the Ninja » ainsi que le compositeur de « Gone Home ». Avec de telles personnes à créditer, Firewatch était en bonne posture pour réaliser une belle expérience narrative liant gameplay et histoire, mais la réalité est plus subtile.

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Firewatch est une aventure basée sur la relation entre ses deux protagonistes, Henry et Delilah, dans un milieu complètement isolé du monde: le fin fond d’un parc national du Wyoming. Le joueur prend le contrôle de Henry pour effectuer les tâches liées à son emploi de garde forestier tout en interagissant avec Delilah par radio. Cette structure narrative ne permet pas au jeu d’explorer des mécaniques de gameplay profondes et intéressantes, ce qui fait que le seul défi que propose Firewatch est de trouver son chemin grâce à une carte. Une réalisation décevante quand on sait que le game designer était le directeur du génial « Mark of the Ninja », mais un sacrifice nécéssaire pour mettre l’accent sur la narration.

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La relation des protagonistes se crée à travers des discussions banales où le joueur peut choisir sa réplique. C’est là que brille vraiment le jeu, son écriture est admirable. Quel que soit le sujet, chaque échange est divertissant et fait avancer l’histoire ou la relation entre Henry et Delilah. Malgré la nature caricaturale des personnages, on s’attache vite à leur personnalité débordante et on trouve du charme à leurs défauts. Allumer la radio dès que l’option s’affiche devient ainsi une priorité. Bien que dans les grandes lignes, le choix multiple dans les dialogues ne sert à rien, il permet tout de même d’ancrer le joueur dans le monde et de rendre sa relation avec Delilah plus réelle en référençant des répliques qu’il a choisies.

La qualité de l’écriture ne se limite pas simplement aux dialogues mais s’étend au world design et au design graphique. Le paysage est presque un personnage à part entière, dirigeant l’humeur de chaque journée et le rythme du jeu. Le joueur apprend progressivement le layout de la forêt, créant un sentiment de connaissance des lieux simulant la familiarisation de Henry durant sa saison passée sur les lieux. Campo Santo joue avec ce sentiment en changeant la luminosité et l’ambiance du décor pour désorienter le joueur et le faire se perdre dans un lieu connu pour réinstaurer une sensation d’immensité.

Firewatch est un jeu mature qui raconte une histoire destinée à des adultes; il n’essaie pas de raconter une jolie histoire où tout se termine bien, mais plutôt de provoquer certains sentiments, pas tous positifs, chez le joueur. Campo Santo réussit à travers son scénario un peu extrême à évoquer les difficultés des vies ordinaires.

Attachant, intelligent et superbe, Firewatch est un jeu magnifiquement réalisé qui atteint ses objectifs, Bien que le but principal ne soit pas de satisfaire le joueur, ce qui pourrait en décevoir plus d’un une fois le jeu fini, le jeu de Campo Santo brille par sa narration et son ambiance. Une superbe expérience de jeu

Jeu en anglais seulement.

Testé sur PS4, la maniabilité et les performances sont douteuses, au point de pouvoir impacter négativement l’expérience.