farcry4.1

Une fois, en jouant à Far Cry 4, je chassais le rhinocéros à l’arc sur un éléphant que je venais de dompter, et j’ai par erreur attiré l’attention d’ennemis qui ont vite procédé à me mettre le feu, quand soudain un camion arrivé de nulle part a frappé ma monture de plein fouet, tuant sur le coup la pauvre bête ainsi que le mauvais conducteur. Sûrement pris de pitié, le rhinocéros s’est décidé à pourfendre les lanceurs de cocktails molotov, pendant que je suis allé me cacher dans un buisson. Far Cry 4 est un sacré jeu vidéo.

Ubisoft a étudié de près les critiques de Far Cry 3 pour concevoir leur nouveau titre. Le résultat est une amplification de tout ce que Far Cry 3 était, tout en amenuisant les défauts et sans changer les fondamentaux. Le joueur est déposé dans un pays déchiré par une guerre entre de faibles rebelles et une armée dirigée par un leader charismatique et doit rétablir l’ordre en tuant la moitié de la population.

Far-Cry-4-1-1280x720

Une histoire qui tombe de Charybde en Kyrat

Même si le scénario ne sert que de support au gameplay, on a du mal à ne pas s’apercevoir qu’il est complètement débile. Le héros, Ajay Ghale (personne chez Ubisoft n’a fait l’effort de savoir comment il faut le prononcer), arrive à Kyrat, un pays fictif lourdement inspiré du Népal, pour amener les cendres de sa mère à un temple. Mais en chemin, il rencontre des gens en guerre, alors il se met à tuer leurs ennemis. Ça se résume plus ou moins à ça… Ajay est une coquille vide, il ne remet jamais en question ce qu’on lui demande de faire, il n’a pas de réelles motivations à part disséminer le contenu de la jarre qu’il trimballe, et encore, même ça, il l’oublie vite. Le seul point positif de l’histoire est qu’elle est assez mauvaise pour qu’on puisse entièrement l’ignorer et s’amuser avec le gameplay. C’est tout de même difficile de ne pas sentir un peu de déception, car l’écriture propose parfois de bons moments, toutes les scènes avec Pagan Min sont superbement écrites et dessinent un personnage intéressant, charmant et drôle tout en étant absolument terrifiant. Malheureusement, ce n’est pas la poignée de scènes avec le leader habillé en rose qui rattrape la qualité de l’histoire.

2732189-fc4_screen_pvp_bear_attack_301014_5pm_paristime_1414685442

Un gameplay aux petits oignons

La sauce Ubisoft est toujours présente : des tours à gravir pour dévoiler la mini-map, des quêtes annexes à foison, de la chasse pour améliorer son équipement et une IA catastrophique, mais Far Cry 4 réussit à tirer son épingle du jeu avec ces éléments déjà vus et revus. L’exploration est encouragée par des petits teasers de ce qui attend le joueur. Effectivement, à chaque fois que le joueur atteint le sommet d’une tour, la caméra balaye l’horizon et lui montre les différents endroits découverts, tout en rappelant le fun qu’il peut y avoir. A chaque nouveau lieu, on voit un tigre qui combat un ours, une montagne de cadavres dépecés par ce qui semble être un putois ou encore une guerre de gangs, autant de petits éléments semblablement procéduraux qui donnent envie de visiter tous les endroits montrés.

Bien que Far Cry 4 propose un système de fast-travel, je me suis retrouvé à faire tous les voyages en temps-réel, le monde est tellement rempli de choses à faire et mûr pour l’arrivée d’événements aléatoires, qu’il était parfaitement rentable de « perdre » le temps de voyage. La mauvaise IA, la vie sauvage, les véhicules et mon inaptitude à rester en vie m’ont souvent mis dans des situations qui ne peuvent vraiment qu’exister dans un jeu vidéo ; des PNJs qui tentent de tuer un aigle à coups de cocktails molotovs juste pour se voir incinérés par leurs propres projectiles, un véhicule retourné et enflammé sans raison apparente au milieu de la route avec ses anciens occupants faisant tranquillement la ronde autour ou encore une mauvaise manipulation qui m’a fait tomber de mon parapente dans la trajectoire d’un camion.

[youtube width= »720″ height= »405″]https://www.youtube.com/watch?v=e9al_k8e93I[/youtube]

 

Les mauvaises missions linéaires sont encore là, et elles pourraient bien être encore pire qu’auparavant, mais le développeur a appris sa leçon avec les critiques du précédent volet et en a simplement moins mises. Effectivement, la plupart des missions sont maintenant structurées comme les prises d’avant-postes, la partie la plus réussie de Far Cry 3. Les objectifs des missions principales et secondaires sont habituellement simples, comme désamorcer une bombe ou tuer tout le monde, mais cette simplicité permet de donner beaucoup d’ouverture au contexte. Le joueur peut arriver à ses fins par le moyen qu’il préfère, en s’infiltrant ou en faisant tout péter, d’habitude on tombe sur un subtile mélange des deux. Encore une fois, le jeu est capable de profiter de sa mauvaise IA au service de l’amusement du joueur; les mécaniques d’infiltration étant assez grossières, la discrétion ne devrait pas être une option viable, mais grâce aux PNJs qui ne s’inquiètent pas trop de la mort de leurs amis, tuer les ennemis de loin est en fait grandement jouissif.

Far Cry 4 n’est pas une œuvre d’art, loin de là, mais c’est un des jeux les plus amusants de l’année et il semble le savoir. L’histoire n’est pas imposée au joueur et les joujoux amusants sont vite distribués ; les hélicoptères, les gros explosifs et la wingsuit sont tous rapidement accessibles pour pouvoir profiter un maximum du fun qui vous attend à Kyrat. Un titre divertissant et sans prise de tête. 

Editeur: Ubisoft
Studio: Ubisoft Montréal
Testé sur PS4.