Hey, bonjour ! Cela fait un bail qu’on ne s’est pas vu non ? Ouais, je sais. C’est ma faute. Mais que voulez-vous, il s’est passé énormément de choses ces deux dernières années mais l’envie de continuer à écrire sur les jeux vidéo et à vous proposer nos avis ressurgit tel un variant après la fin des mesures sanitaires. En plus ça tombe bien parce que j’ai en stock mes impressions sur un jeu avec un virus qui ravage la planète et transforme les gens en zombies. C’est pas cool ça ? Au moins, on reste dans la thématique du moment ! Bon, allez, on se lance dans Dying Light 2: Stay Human

Tout simplement parce que ce projet aura traversé les âges et les processus de développement de manière assez chaotique, un peu comme nous au sein de cette petite rédaction, Dying Light 2: Stay Human dégage une petite saveur de pain au chocolat maison un après-midi de printemps. On le renifle (sans masque) et on ressent toutes ces heures passées à pétrir la pâte, le chocolat fondu qui se mêle particulièrement au centre du pain, et cette attente, parfois interminable, avant que tout cela ne refroidisse et soit finalement prêt à être mangé. On ne sait pas trop ce que cela va donner, mais on est sûr que jusqu’à présent, ça sent bon. Avec Dying Light 2, l’attente de 6 ans aura permis de faire monter la sauce et d’emballer le coeur de Gary (chose rare dans le monde du jeu vidéo, avouons-le) ainsi que celui des copains de SemperLudo et MonsieurPlouf mais le produit final aurait pu être aux antipodes d’un bon pain au chocolat: il aurait pu être un pain aux raisins ! Quelle horreur.

Trêve de métaphores foireuses, le jeu développé par Techland est enfin sorti et une fois le titre en main, il s’avère que Dying Light 2 est excellent. Peut-être pas autant bon que ce que les preview laissaient imaginer mais tout de même, quel plaisir de découvrir un monde riche et intelligemment pensé. Dying Light 2 se situe 20 ans après le premier opus et propose d’incarner le Pèlerin Aiden, sorte de coursier ultra porté sur le parkour et capable de se déplacer et combattre tel un adepte de capoeira lorsqu’il n’est tout simplement pas en train de discuter avec la populace locale à la recherche de sa petite soeur. Un virus a décimé la population et enfermé les survivants dans des villes aux murailles infranchissables, la situation n’est donc pas très réjouissante. Villedor est une de ces villes où Aiden va se retrouver coincé suite à une morsure d’un infecté et va devoir se dépatouiller au milieu de factions qui cherchent toutes les deux à faire régner l’ordre et à répartir les ressources glanées au mieux. Deux entités aux objectifs similaires mais aux méthodes opposées qu’il faudra évidemment aider pour espérer dégoter des informations sur la petite soeur d’Aiden.

Evoluer dans Villedor est un véritable plaisir et l’une des raisons principales qui rend l’expérience Dying Light 2 excellente concerne sa narration subtilement distillée. Techland a compris que pour faire un bon jeu en monde en ouvert, il ne suffisait pas de proposer des activités redondantes et de couvrir la carte d’objectifs secondaires ou de points d’interrogations. Il faut aussi une narration qui se découvre à travers n’importe quelle quête secondaire. On apprend le monde dans lequel on joue, on ressent son histoire et on découvre sa narration principale, excellente au passage, à travers les mécaniques. Un véritable tour de force de la part de Techland qui propose ainsi clairement une histoire plaisante à suivre et des quêtes aux choix moraux parfois cruciaux. Ces derniers ont d’ailleurs un impact plus important sur le jeu que sur l’histoire en tant que telle. Aider une faction aura des conséquences narratives mais pas forcément un bouleversement total de l’intrigue. On est alors face à des quêtes soigneusement écrites qui vont réussir l’exploit de ne jamais être ennuyantes. Bien entendu, il existe des activités annexes redondantes, des rencontres aléatoires et des tonnes de caches à looter mais on réalise tout cela entre deux quêtes ou sur le chemin et tout semble organiquement imbriqué.

Cette sensation se renforce encore plus grâce à des mécaniques de jeu intelligentes. Le monde ouvert de Dying Light 2 n’est pas juste une grande ville avec des points d’intérêts et des quêtes à réaliser. Il est construit de sorte à ce que le joueur parte d’un hub avec une quête et se retrouve à se balader de toits en toits jusqu’à son objectif. On découvre Villedor au fil de nos runs et cette manière de faire évoluer l’histoire se complète parfaitement avec les mécaniques de parkour. L’autre grande force consiste à avoir deux mondes ouverts dans un seul lieu. Il faut savoir que Aiden, étant infecté, ne peut a priori pas se balader de nuit comme bon lui semble sous peine de se transformer en zombie après un certain temps (environ 5mn). Cette contrainte va l’obliger à trouver des moyens pour contourner ce problème et découvrir les secrets nocturnes de Villedor. Certaines missions ne sont ainsi accessibles que de nuit, ce qui va nécessiter une préparation méticuleuse ou d’avoir débloqué des camps dans la ville disposant de lumières UV (effet qui contre la propagation du virus). Si Villedor est infectée de zombie durant la journée, ces derniers ne sont pas trop actifs et les plus dangereux se cachent à l’intérieur, à l’abri de la lumière. La nuit tombée, ils sortent, libérant les intérieurs en partie et offrant la possibilité d’y aller sans trop de danger. On échange ainsi les situations puisqu’il devient plus difficile de traverser la ville de nuit que de jour, ce d’autant qu’il faut constamment observer sa jauge de propagation afin de ne pas mourir. Une mécanique qui injecte par moment une petite piqûre d’adrénaline, surtout quand tout ne se passe pas comme il faut et qu’une poursuite s’engage avec des dizaines de zombies au fesse.

Cette contrainte bienvenue pousse le joueur à chercher du matériel, de nouvelles armes, des éléments de crafting afin de mieux répondre aux futurs dangers. On est donc toujours en train d’évoluer, même lorsqu’on ne ramasse rien. On peut découvrir, par exemple, une nouvelle entrée, ou un passage, ou un bâtiment dans lequel on sait désormais qu’il y a quelque chose d’intéressant à collecter. Le crafting prend alors une tournure plus intéressante que juste récolter des caisses un peu partout. On est en mission pour trouver ce qui nous permettra de mieux résister par la suite aux problèmes de Villedor. La tension est ainsi constante et rend Dying Light 2 non pas stressant mais bien vivant. En réalisant toutes ces actions, on va pouvoir débloquer de nouvelles compétences. Deux arbres des talents indépendants offrent la possibilité de faire évoluer Aiden : dans le parkour et dans le combat. Chaque action de parkour augmente l’expérience “Parkour” et chaque combat fait croître la barre d’expérience “Combat”. Cette division de l’expérience permet notamment de ne pas avoir à choisir entre les deux arbres de talents mais uniquement à les faire progresser parallèlement. C’est une véritable bénédiction que de ne pas avoir à sacrifier une partie des talents. Les combats sont peut-être le point faible de Dying Light 2. On ne dispose que de deux attaques (rapide et lourde) bien qu’il soit possible de débloquer des compétences afin de réaliser des combos. On préféra par moment juste se positionner correctement, taper, esquiver, taper, esquiver etc. Néanmoins, l’environnement étant systémique, les combats urbains sont parfois rigolo : jeter un adversaire d’un toit peut le tuer, le repousser contre une pique l’embroche etc. Il est ainsi possible de s’amuser de la sorte.

Dying Light 2: Stay Human propose un terrain de jeu vaste, un gameplay soigné et sublimé par une narration intéressante et diablement prenante. L’expérience de jeu est puissante et on sent que Techland a cherché à franchir un cap avec son nouveau titre. D’une durée de vie plus que correcte (entre 20 et 30h pour la campagne principale) et doté d’un contenu gargantuesque, nul doute qu’il y a là de quoi s’amuser des heures durant tant Villedor est riche et imprévisible. Le cycle jour/nuit renforce encore cette tension qui s’instille dans l’esprit lorsqu’on doit réaliser un objectif particulier et c’est un véritable plaisir que de se balader sur les toits de cette ville. Un titre qui n’est pas parfait mais qui réussi tout ce qu’il entreprend.