La méthode est bien connue. Une licence qui a fonctionné un moment donné sera pressée jusqu’à la moelle pour en tirer l’entièreté de sa substance. Ainsi, un peu à l’image de Skyrim en son temps, c’est au tour de Diablo 3 d’être adapté à toutes les sauces et, surtout, tous les formats. Sorti en 2012 sur PC, Mac et Linux, le hack’n’slash de Blizzard a vécu un portage réussi sur console (PS3/Xbox 360 en 2013 et PS4/Xbox One l’année suivante), c’est donc tout naturellement que le combat face aux forces du mal ait tenté de se faire une petite place au soleil sur Switch.

Depuis sa sortie, la console portable de Nintendo est devenue la Mecque du portage. Après Dark Souls, Skyrim (évidemment) ou encore Doom, c’est donc le retour de Blizzard sur une machine de la firme japonaise après 18 ans d’absence et un Starcraft 64 heureusement oublié de tous. Rassurez-vous, le portage de Diablo 3 sur Switch est bien mieux réussi. Et pour cause, il se base sur la version « console de salon » déjà aboutie et encensée tant par la critique que par les joueurs.

Venons-en à la bête. Lors de la récente Gamescom, j’avais été émerveillé par la fluidité du soft. En effet, la démo proposée offrait la possibilité de jouer l’une des sept classes du jeu (moine, barbare, croisé, chasseur de démon, sorcier, féticheur, nécromancier) avec un build surpuissant, et malgré les hordes de monstres ainsi que les explosions à tout va, rien ne bronchait. C’était trop beau pour être vrai. Et pourtant, les 60fps promis tiennent la route. En termes de comparaison, sur PS4, il est impossible de traverser une faille Nephalem dans les plus hauts niveaux de difficulté sans qu’il n’y ait de lag ou autres ralentissements. Sur Switch, pas un souci.

Autant être clair, pour celui qui découvrira pour la première fois Diablo 3, le jeu ronronnera comme un bienheureux. Je n’ai pas refait l’histoire de bout en bout une quatrième fois, mais nul doute que le jeu tourne bien. Cette dernière vous tiendra en haleine une bonne vingtaine d’heures. Ajoutez à cela quelques moments bonus vu que Blizzard a ajouté quelques quêtes annexes au fil des dernières mises à jour.

Mais la substantifique moelle du jeu se trouve au-delà des combats face aux démons primordiaux et c’est là que les limites de la Switch sont également atteintes. Dans les ajouts de ces dernières années, le mode « saison » a donné une seconde jeunesse à Diablo 3. Le but ? Vous partez de zéro et avez environ trois mois pour créer le guerrier le plus puissant afin d’atteindre les plus hauts niveaux de difficulté. Le problème pour Nintendo ? La console se veut portable et, pour jouer dans ce mode il faut être connecté à internet. Équipez-vous donc de votre téléphone portable pour profiter de la connexion partagée. Autre souci dans ce cas de figure, le jeu est très demandeur, il ne faudra donc pas oublier le chargeur de votre Switch et de votre portable…

Autre possibilité unique de la Switch, l’opportunité de jouer à plusieurs en local. Une console, quatre manettes et le tour est joué Sauf qu’un Joycon n’a que six boutons et Diablo 3 en requiert au moins huit, le stick mis à part. Compliqué mais pas infaisable. N’étant pas un adepte, j’ai seulement profité du passage de deux amis à la maison pour faire un rapide test d’une trentaine de minutes: ça fonctionne, à voir si certains y trouveront du fun.

Au final, Diablo 3 tient ses promesses. Prendre l’expérience d’un des joyaux de Blizzard partout avec soi fonctionne bien. Les quelques défauts ci et là ne dérangeront que les « hardcore gamers » comme moi. Pour le commun des mortels qui n’a pas encore mis les pieds en enfers, Diablo 3 est un must-have sur Switch. Entre l’ergonomie des menus, la fluidité du 60fps (720p en mode portable, 960p sur l’écran) dépasse même le niveau atteint sur PS4 et Xbox One. Autant se jeter dessus maintenant avant que Blizzard ne se perde en brouilles mobiles, car il faudra attendre encore un moment la suite de ce joyau qui, comme le bon vin, ne cesse de se bonifier avec les années.