Depuis sa formation au début de la dernière génération de console, avec des titres tels que Vanquish, Mad World et Metal Gear Rising, Platinum Games a su nous prouver qu’ils sont les maîtres du jeu d’action. Parmi tous ces joyaux du genre, un titre en particulier est sorti du lot: Bayonetta, loué pour ses scènes d’actions déjantées et son système de combat exaltant. C’est 5 ans plus tard que lui arrive une suite sur une console de Nintendo, qui n’avait pas eu droit au premier opus à l’époque.

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A l’image de son personnage principal, Bayonetta 2 est une suite confiante, visuellement stimulante et excessive. Le jeu reprend presque à l’identique le concept de son prédécesseur; le système de combat, les cinématiques sous forme diapositive, les bêtises et la folie. Le chapitre d’introduction met bien en place le ton de l’oeuvre; le joueur prend le contrôle de Bayonetta, une descendante des Umbras, un clan de sorcières maîtrisant le pouvoir des ténèbres faisant la guerre au sage Lumen, lié au pouvoirs de la lumière. Lors d’une séance de shopping avec un des personnages les plus insupportable du jeux vidéo, la ville, ressemblant à New York, se fait attaquer sans raison par des anges, s’ensuit plusieurs phases de combat où, par exemple, notre Dame chevauche un ange-centaure en le fessant, le toute sur un avion de chasse volant entre les grattes-ciel de la cité. Les scènes se suivent, montant en intensité et en ridicule jusqu’au boss qui, avant de disparaître, « vole » l’âme de Jeanne (prononcé John), la soeur de Bayonetta, la lançant pour l’occasion sur la quête d’aller en enfer pour récupérer l’esprit usurpé.

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Central à l’identité de Bayonetta se trouve le système de combat, presque intouché depuis le premier jeu, son efficacité réside dans sa simplicité d’apprentissage et l’extravagance présente à l’écran. Bayonetta inflige des dégâts à travers 3 touches, les armes aux bras, les armes aux jambes et les pistolets. Ces diverses manières de tuer servent simplement à pimenter la douleur que l’on inflige à l’ennemi. Même s’il y a un système de combo en place, on finit souvent par retomber sur le bête écrasement de touches en gardant les yeux rivés sur l’écran pour esquiver les attaques entrantes. Platinum l’a bien compris, le moment le plus jouissif dans les jeux d’actions ou même dans les jeux de baston est quand on arrive à placer une esquive ou une parade dans le dixième de seconde prévu à cette effet. La beauté de l’esquive dans Bayonetta est qu’elle peut être effectuée à tout moment, que ce soit entre deux coups d’un combo ou en pleine animation dénudée. La sorcière Umbra effectuera son esquive sans couper son compteur de combos. Pour ajouter à la délectation, une esquive dansée au dernier moment accorde au joueur une poignée de secondes de Witch Time, un événement pendant lequel le monde est ralenti et où Bayonetta peut librement réduire les anges en morceaux. Chaque déclenchement de Witch Time rempli lentement une barre de magie qui peut être utilisée comme un des rares ajouts au gameplay: le Umbran Climax (Apothéose de l’Umbra, en français, yuk!). Ce nouveau mode donne des attaques encore plus dévastatrices à l’héroïne et couvre l’écran d’effets et de mort.

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Platinum Games réussit encore une fois à livrer un produit extrêmement varié. Après plusieurs combats, un nouveau type d’ennemi est introduit, chacun d’entre eux ayant plusieurs types d’attaques et un design unique. Comme à l’habitude avec ces jeux, on ne sait jamais quelle créature est un boss. A la première rencontre, tous les ennemis sont difficiles, car on n’est pas encore habitué à leurs attaques; cet élément donne aussi la satisfaction de remarquer notre constante amélioration, certains scénarios de combats nous montent contre plusieurs ennemis que l’on pensait être des boss une poignée de minutes plut tôt. En plus des combats, le jeu propose aussi des phases d’exploration ainsi que des phases de déplacement assez originales.

Bien que graphiquement Bayonetta 2 ressemble beaucoup aux derniers travaux de Platinum sur PS3 et 360, la quantité d’information à l’écran à été décuplée et la fréquence de rafraîchissement de l’image est plus stable que ce que l’on pouvait observer à la sortie du premier opus. La maitrise du design graphique des combats est impressionnante, l’image est sans cesse couverte de giclées de sang, de changements  de couleurs, d’effets d’attaques prenant tout l’écran au point ou un non-initié ne comprendrait pas du tout ce qu’il se passe, alors qu’un joueur initié arrive à naviguer aisément entre les absurdités présentes par des codes de couleurs et des petites animations indiquant des attaques. L’unique chose que je reprocherais au gameplay est que parfois la caméra ne se place pas correctement lors de combats avec de gros ennemis, mais encore, même en ne voyant pas l’entièreté de l’ennemi, on se surprend à effectuer des esquives au bon moment, donnant l’impression d’avoir un sixième sens.

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Au vu de la maîtrise exercée par les développeur sur le gameplay et la confiance avec laquelle l’histoire est racontée, il m’est difficile de critiquer la présentation scénaristique de Bayonetta 2 sans me dire que c’est juste moi qui ne comprend pas le génie derrière les personnages insupportables. Effectivement, j’ai trouvé la plupart des personnages dans ce jeu simplement agressifs envers ma patience, et même ceux qui ne le sont pas manque de charisme. Bayonetta, elle-même, est la seule à échapper à ce traitement, mais du coup, elle n’a pas de personnage intéressant avec qui avoir un échange, alors on se contente du  » Fuck you! » qu’elle crie aux anges en les achevant d’un coup de talon. L’histoire n’est guère plus intéressante, mais on comprend facilement que c’est un simple support pour le gameplay.

Bayonetta 2 pourrait bien être le jeu d’action ultime, en dehors de son scénario. Il est vraiment difficile de lui trouver des défauts et on a même tendance à lui pardonner sa narration chancelante parce qu’on s’amuse trop avec le reste du jeu pour s’en soucier.