Si les rendez-vous ont été plutôt bien réussis, certains nous ont tout de même créé quelques problèmes. Habitués depuis le Schweizer Problem de l’an dernier, nous n’étions pas trop surpris en voyant que des « appointments » avaient été purement et simplement supprimés ou que d’autres n’étaient pas aux endroits indiqués. Bienvenu à la Gamescom du pauvre, un monde où les RP ont le pouvoir de vous faire pleurer et où la merde est souvent mieux traitée que vous.


Episode I : La Menace Koch Media

Notre histoire commence par une anecdote, un jeudi matin. Alors que le petit crachin tombait au-dehors, nous, nous n’étions pas prêts à voir s’abattre sur nos épaules une pluie d’annulations, de rendez-vous foirés ou de visionnage de powerpoint. Entrés à la business area, le lieu où l’air sent moins la transpiration, notre premier arrêt avec Mush de Semper Ludo, et coéquipier de Schnitzel, s’appelait Runemaster de Paradox Interactive. Ce jeu dont on ne sait toujours pas de quoi il en retourne devait être le déclencheur d’une bonne journée. On s’était donc pointé à l’heure chez Koch Media pour entrer dans leur stand. Mais déjà à l’accueil, les choses ne se sont pas déroulées comme prévues. Après notre annonce auprès d’une jolie blonde, nous avons compris que quelque chose clochait.

-« Hi, we have an appointment now for Runemaster »

-« Hi… What? What’s your name, please? »

– « Jorris Sermet. We are here to see Runemaster »

-« Let me check… What’s Runemaster ? »

-« Well.. we don’t know. »

Sortant nos feuilles pour regarder ce qu’était vraiment inscrit dessus, nous avons constaté que le développeur « Paradox » était bien noté mais que le stand, lui, ne l’était pas. Après avoir montré notre feuille à cette charmante demoiselle, elle a compris et nous a laissé entrer. Koch Media est connu de nos services d’investigation pour ne pas forcément être au top en matière d’organisation. Mais nous ne pouvions imaginer la suite…

Runemaster

Après avoir attendu sagement que la porte à disposition de Paradox s’ouvre, nous nous sommes retrouvés face à quatre personnes dans une toute petite salle. Etait-ce une interview ? Et puis bon, ils n’avaient pas la gueule de développeurs mais plutôt de marketeux. Après un dialogue un peu bizarre, ils ont compris que nous n’étions pas des investisseurs et nous avons compris qu’ils n’étaient pas des développeurs. Ils nous ont indiqué qu’il fallait se rendre du côté des Hall publiques pour voir Runemaster, ce que nous n’avons évidemment pas fait. Le plus incroyable dans cette histoire est que nous avons réussi à passer, l’espace d’un instant, pour des gens plein de pognons prêts à financer des jeux. Et le plus drôle reste qu’ils nous ont dit que nous n’étions pas les premiers à s’être trompés. Ils n’ont pas pensé à avertir l’accueil par contre…


Episode II : L’attaque des Powerpoint

Il y a des présentations de jeux qui sont super sympa. On a une manette entre les mains, le développeur donne ses explications et c’est parti. Et puis il y a celles où un parterre de journalistes regarde un petit écran dans une salle sombre tout en ayant une oreille tendue pour entendre péniblement un mec causer de son prochain blockbuster. J’ai eu droit à cette deuxième catégorie jeudi après-midi. Je n’attendais pas grand chose de The Order 1886 mais je trouvais l’art design très classe. Je me suis donc posé sur une chaise durant trente minutes pour assister à la présentation de cette exclusivité Sony. Après nous avoir remontré un trailer, le développeur s’est attardé sur un powerpoint et je me suis lâchement endormi. Oui mesdames et messieurs, je me suis endormi. Oh, ne croyez pas que j’ai honte. Au contraire, cela m’a fait du bien et j’ai pu relancer ma journée par la suite. Je me suis endormi parce qu’un powerpoint de flingues en tout genre n’est pas très intéressant, parce que tout était monotone (y compris le jeu) et parce qu’après deux nuits à ne pas dormir, le corps fatigue. La grande question persiste : pourquoi faire un powerpoint lors d’une convention de jeux vidéo ?

 The-Order-1886-artigo-4


Episode III : La Revanche de Microsoft

Que pouvait-il arriver de pire ce jeudi ? Nous n’étions pas prêts. Si jeunes, et pourtant déjà si las de la vie. Notre dernier rendez-vous de la journée était consacré à Microsoft. On devait aller voir, toujours avec les copains de Semper Ludo, les jeux indépendants de Microsoft (une tournure de phrase tout à fait correcte). Bien entendu, sur place, nous avons appris que ce rendez-vous était annulé. Oui. Comme ça, sans raison. Simplement annulé. Et pas déplacé, non. Déjà l’an dernier, j’avais subi ce genre de problème puisque mon rendez-vous de 10h avait été déplacé à 15h. Et à 15h, on m’avait assuré qu’il aurait fallu que je sois là à 10h, alors que j’avais été là…

xbox

Bref, ce jeudi dernier, s’en est suivi un épisode particulier où une des hôtesses de l’accueil, voyant que nous étions abattus et désappointés, a tenté de nous refiler des accès aux bêtas de jeux sur Xbox One alors que nous n’avons pas de Xbox One. Elle a insisté malgré mon énervement. La Xbox One ne sort qu’en septembre en Suisse et pourtant on se fait déjà entuber par un marketing désastreux. On nous a assuré que Microsoft ne délaisserait pas sa branche Xbox mais que les choses allaient changer. On ne voit pas trop en quoi. Mais soit. Microsoft ne nous donnera jamais rien. Bien. Nous non plus alors. On se concentrera sur le reste.

La Gamescom du pauvre, c’est donc une manière de vivre cet événement de la pire façon (en dehors de ceux qui viennent sans badge presse). On est mal reçu, ou pas reçu. On repart avec rien et on nous vend de l’air. Une Gamescom du pauvre, c’est aussi des kilomètres de marche entre deux obscures stands qui, on nous l’a assuré, présentent des jeux incroyables… alors qu’il n’y a rien. La Gamescom du pauvre,  c’est être Suisse-romand. Un comble!